Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la pêche

Une seule couleur pour l’achigan?

Une seule couleur pour l’achigan?

Face aux innombrables coloris disponibles, comment choisir les plus avantageux d’une situation à l’autre.


Pour le pêcheur, choisir un leurre est toujours un casse-tête, et d’autant plus s'il cible l'achigan. En effet, l'éventail d’offrandes conçues pour capturer cette espèce est particulièrement vaste et chacune d’entre elles sont proposées dans toute une panoplie de couleurs. Le pêcheur débutant, et même celui plus expérimenté, demeure souvent perplexe devant un étalage où le même leurre de plastique souple est offert dans 86 teintes différentes. C'est le cas d'un des leurres les plus populaires au monde pour capturer de l'achigan, le «Senko».

Quelle couleur sera la plus efficace? On ne peut évidemment pas toutes les essayer. Il faut suivre des règles et se fier à différents facteurs qui peuvent nous aider à faire un choix éclairé. En examinant les conditions de pêche du moment, il est possible de découvrir le coloris qui aura les meilleures probabilités de succès. Puis, il faut observer la réaction des poissons pour confirmer ce choix.

Avec beaucoup d'expérience (la nôtre et celle des autres), on peut même déterminer la «meilleure» couleur pour chaque type de leurre, celle qui dans la plupart des conditions donnera le meilleur rendement. C'est ce que nous essaierons de faire!



Les grandes règles

Comme dans tout ce qui est relié à la pêche à l'achigan, rien n'est jamais coulé dans le béton. On peut se baser sur la période de l'année, une préférence régionale ou les conditions météo pour effectuer un choix de coloris. Cependant, les facteurs les plus importants demeurent la clarté de l'eau et le type de proies présentes dans l’habitat exploité.

La clarté de l'eau est l’aspect prépondérant pour bien choisir une teinte. Au Québec, l'eau de beaucoup des lacs et rivières est assez limpide. La plupart du temps, on considère qu'une eau est claire si on peut voir un leurre à 1 m de profondeur et plus. Si celui-ci disparaît à une profondeur de 50 cm, on dit que l'eau est teintée, et si on ne le perçoit plus après 30 cm, on la qualifie de brouillée.

En eau claire, les achigans peuvent voir tout ce qui se passe autour d'eux, alors des teintes plus naturelles de vert et de brun sont souvent préférables. Dans une eau teintée ou brouillée, ce qui est beaucoup plus rare au Québec, des combinaisons de couleurs plus intenses et plus contrastées attirent plus l'attention des poissons.

Les proies fréquentant le site de pêche doivent orienter le choix de coloris, mais il n'est pas toujours possible de «voir» ce dont les prédateurs se nourrissent. En effectuant des recherches, en s'informant notamment auprès d'autres pêcheurs, il demeure possible d’identifier les proies les plus abondantes dans un plan d'eau donné.

Si ce lac ou cette rivière abrite bon nombre d'éperlans, un coloris où les tons pâles dominent sera approprié. Si ce sont plutôt des perchaudes qui fréquentent ces eaux, on choisira un leurre un peu plus foncé. Et dans le cas où les prédateurs se gavent de gobies et d'écrevisses, les tons très foncés donneront de meilleurs résultats.

En utilisant les deux facteurs mentionnés plus haut comme toile de fond, il n'est pas trop difficile de déterminer, pour chaque catégorie de leurre, la couleur qui fonctionnera le mieux la plupart du temps.

L'éventail de leurres employés pour l'achigan comprend les leurres flottants qui évoluent à la surface de l'eau, les poissons-nageurs allongés et les spinnerbaits conçus pour les niveaux intermédiaires, ainsi que les offrandes de plastique souple, les «jigs» et les poissons-nageurs plongeants utilisés pour gratter le fond.

En surface

La façon dont les poissons aperçoivent chacun de ces groupes de leurres doit avoir un impact sur le choix du coloris. Le plus souvent, en présence d'un leurre de surface, les achigans n’en voient que l’abdomen. Ils nagent sous ce type de proies et les attaquent en remontant vers la surface. C'est donc le ventre de la proie qui dicte la couleur d'un leurre de surface.

La plupart du temps, les proies évoluant en surface ou tout près d’elle sont des ménés de grande eau à l’abdomen blanc ou du moins blanchâtre. Les perchaudes et les crapets peuvent aussi, à l'occasion, se retrouver à la surface de l'eau. À ce moment-là et aussi en eau plus trouble, un leurre à l'abdomen orangé serait plus productif.

Le leurre de surface le plus polyvalent aura un abdomen blanchâtre, ou encore mieux de couleur «os» (entre blanc et orangé). Qu’on emploie un «popper», un leurre flottant en forme de cigare comme le Zara Spook ou une offrande munie d'hélices, le coloris du dos a peu d'importance, car les prédateurs ne voient généralement que le ventre.

Entre deux eaux

En zone intermédiaire, les paramètres se modifient. Selon leur position, les achigans voient les leurres sous différents angles. Avant l'attaque, ils peuvent être légèrement au-dessus de l’offrande, au même niveau ou en dessous. Il faut donc tenir compte de toutes ses surfaces.

De façon générale, les proies circulant en zone intermédiaire (la plupart du temps des ménés pélagiques se nourrissant de plancton) ont un abdomen pâle et un dos plus foncé. Les espèces les plus répandues (cisco, éperlan, gaspareau, museau noir, méné à nageoires rouges, méné émeraude, queue (?) à tache noire) arborent un dos verdâtre/jaunâtre, des flancs argentés et un ventre blanc.

Pour bien représenter ces proies, les leurres visant l'achigan au niveau intermédiaire portent ces couleurs. Si on parle de spinnerbait, un leurre muni d'une grosse cuillère argentée et d'une petite cuillère dorée, dont la jupe associe des tons de chartreuse et de blanc, imitera très bien les proies consommées régulièrement par l'achigan. Cela explique que cette combinaison de couleurs soit la plus populaire en Amérique du Nord. C'est mon premier choix lorsque j'utilise des spinnerbaits pour pêcher l'achigan, et habituellement c'est le seul nécessaire!

Pour les poissons-nageurs allongés, un choix similaire n'est pas une mauvaise idée. Cependant, leurs ondulations diffèrent du déplacement rectiligne d'un spinnerbait. En mouvement, un modèle au dos plus foncé (vert, brun ou noir) procure un contraste plus intense avec l'abdomen pâle, ce qui le rend plus visible pour l'achigan. Pour ce dernier type de leurre, si je ne pouvais choisir qu'un seul coloris, tous mes poissons-nageurs allongés auraient le dos vert foncé et le ventre blanc.

Sur le fond

Lorsqu'il est question de proies circulant sur le fond, la perspective change encore une fois. Quand les achigans chassent en regardant vers le bas, ils voient surtout le dos des proies.

La grande majorité de celles-ci utilisent le mimétisme pour essayer de se cacher des prédateurs, et elles hésitent à quitter le fond de peur d'attirer l’attention. La plupart sont dotées d’un dos foncé dans des tons de vert, brun ou gris, tacheté de noir, qui se confond bien avec l’apparence du substrat. Les taches noires «brisent» la silhouette générale de ces proies qui se déplacent sur le fond et les rendent plus difficiles à identifier. Elles créent une impression d'ombre et de lumière qui est plus naturelle.

Les écrevisses, les gobies, les dards, les chabots et tous les autres petits poissons qui évoluent sur le fond font partie des proies chassées par les achigans. Des illustrations de ces espèces montrent qu'elles ont en commun un coloris foncé, tacheté, situé entre le brun et le vert.

Pour les poissons-nageurs plongeants conçus pour frapper le fond continuellement, le fini qui semble regrouper les tons appropriés s’appelle souvent «écrevisse». Cependant, d'un fabricant à l’autre, voire chez le même fabricant, ce fini ne regroupe pas toujours les mêmes tons. Par exemple, chez Bomber on propose deux finis écrevisses pour certains leurres plongeants (Apple Red Crawdad et Dark Brown Crawdad)). On fait de même chez Rapala avec les finis Red Craw et Brown Craw.

Dans ces deux cas, un des deux finis est plutôt rougeâtre tandis que l'autre est plutôt brunâtre. À moins que vous ne pêchiez presque toujours en eau assez profonde, là où les tons de rouge se transforment en noir, un leurre où les tons de brun dominent est plus polyvalent. Mon premier choix serait donc un leurre au fini écrevisse brun.

Pour les dandinettes et les leurres de plastique souple, le choix est encore plus simple. Il existe un fini qui associe tous les tons recherchés pour imiter les proies qui se déplacent sur le fond, et c'est actuellement le plus populaire en Amérique pour capturer de l'achigan. Si vous interrogez des spécialistes de la pêche à l'achigan, ils diront tous que le fini Green Pumkin est le plus polyvalent lorsqu'il est question de leurres de fond.

Le judicieux mélange de brun, de vert et de paillettes noires évoque tout le réalisme nécessaire pour persuader les achigans que le leurre Green Pumkin est quelque chose de vivant qui tente de s'échapper. Ce coloris convient bien pour des vers de plastique souple lestés, petits ou gros, qui sont récupérés sur le fond. Il est idéal pour les imitations de gobies, d’écrevisses, de lézards ou de tout autre créature utilisés de la même façon. Le fini Green Pumpkin est aussi approprié pour les queues ondulantes, simples ou doubles, et pour les grosses dandinettes garnies d'une jupe en silicone.

La teinte dominante

Après avoir lu ces lignes, vous aurez remarqué que le vert se révèle la teinte dominante lorsqu'il est question de pêche à l'achigan. En plus d’apparaître très souvent dans la robe des proies consommées par l'achigan et d'être très populaire auprès des pêcheurs, c'est aussi une des teintes qui, selon les hommes de science, sont très facilement perçues par l'achigan.

Selon moi, le coloris qui a le plus de chances d'être vu par l'achigan et interprété comme de la nourriture, c'est le vert. Au Québec, dans nos eaux claires, cette couleur est incontournable. Cependant, à la pêche, tout est possible. Si, dans une rivière ou un lac, le rose vous semble plus efficace, allez-y! Votre confiance dans le leurre noué au bout du fil joue un grand rôle dans le succès de votre pêche. Mais si le rose ne fonctionne pas, le vert est toujours là!





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