Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la pêche

Pneumatique et flottant

Pneumatique et flottant

Revenons en arrière l’espace d’un instant. Je suis dans la vingtaine, je commence à travailler plus sérieusement et je n’ai pas un énorme salaire. La vie en appartement, le paiement des dettes d’études et de la voiture usagée grugent le peu de sous qu’il me reste. Je suis néanmoins un véritable mordu et je désire pêcher le plus souvent possible. M’offrir un séjour de pêche en pourvoirie ou en réserve faunique est un rêve que je ne peux me permettre. Quelles sont mes options? Explorer les territoires libres, bien entendu! Je suis jeune, en pleine forme et je veux visiter des endroits éloignés, inaccessibles, peu fréquentés, partir à l’aventure quoi! Encore une fois, un obstacle se dresse devant moi : comment naviguer sur ces eaux reculées? Après maintes recherches, j’ai trouvé une solution peu coûteuse, peu encombrante et très avantageuse pour résoudre mon problème. Ce sont les embarcations pneumatiques. J’ai testé deux types de ces embarcations : le canot pneumatique et le siège flottant.


Le canot pneumatique

 

La première embarcation que je me suis procurée avec mon partenaire de pêche de l’époque était un canot pneumatique. Sachez que ce type d’embarcation est vendu avec une pompe manuelle, deux rames, deux bancs gonflables ainsi qu’un sac de transport. Elle peut aisément transporter le poids de deux hommes avec tout leur attirail de pêche. J’ai acheté quelques petits gadgets en surplus : un support à moteur (pour placer le moteur électrique), un compresseur à air  (pour gonfler le bateau gonflable plus rapidement) et une petite ancre. Voilà, pour moins cinq cents dollars en tout, moi et mon comparse étions prêts à partir à l’aventure des années durant!

 

Première étape, vous êtes arrivés à destination et êtes prêt à gonfler votre pneumatique. Voici ce qu’il faut savoir. La majorité des embarcations de ce genre sont composées de trois chambres à air. Pourquoi? Simplement parce que si l’une des chambres à air se perce, les deux autres restent gonflées pour vous maintenir à flot et vous laisser assez de temps pour rentrer au bercail. À titre d’information, il faut savoir que ces bateaux sont très solides et qu’il est plus difficile que vous pensez de percer les chambres à air. J’ai utilisé mon canot pneumatique à maintes reprises en l’accrochant dans les branches, en le frottant contre des hameçons, contre des rochers et il m’est arrivé une seule fois d’avoir un trou. J’ai pu le réparer sur place parce que j’avais toujours avec moi un petit tube de colle instantanée ainsi qu’un patch de secours. Maintenant, pour mettre de l’air dans les chambres, vous pouvez utiliser la petite pompe manuelle qui est vendue avec le canot. Ça fonctionne, mais c’est assez long et épuisant, environ une vingtaine de minutes de pompage intense. Étant donné que j’apportais une batterie avec moi pour faire avancer mon moteur électrique, j’ai joint l’utile à l’agréable en me procurant un petit compresseur que je reliais à la batterie. En moins de cinq minutes, le bateau était prêt à naviguer!

 

Ensuite, il faut installer le support à moteur. Ces supports sont fabriqués assez simplement avec une large planche à l’arrière ainsi que deux bras en métal en forme de  L. On visse tout naturellement le support dans les ancrages déjà installés à même le bateau gonflable. Pour ma part, j’utilisais un moteur électrique, mais sachez que les embarcations pneumatiques de base peuvent supporter aisément de petits moteurs à essence quatre temps jusqu’à 3,5hp. Lorsqu’on arrive avec un moteur d’une puissance entre 4 et 6 hp, on augmente aisément le poids du hors-bord de quinze à vingt livres, ce qui est beaucoup plus que ce que le bateau gonflable ne peut supporter. Enfin, on place les bancs, on embarque les rames, l’ancre et le stock de pêche pour enfin partir mouiller nos lignes.

 

Les avantages d’utiliser ce genre de petite embarcation sont multiples. Le principal point fort est qu’à deux hommes, il n’est pas forçant de transporter tout ce qui est nécessaire pour pêcher un lac qui demande du portage. Il y a de ces plans d’eau partout au Québec, tant en territoires libres qu’à tout autre endroit où il faut payer. Souvent, au bout de ces chemins boisés, on découvre des paysages à couper le souffle et on a une réelle possibilité de capturer des trophées. N’hésitez pas à utiliser les avancées technologiques comme Google Map et Google Earth avant de partir en expédition pour dénicher quelques cours d’eau intéressants et loin de toute civilisation. Autre avantage, l’embarcation ne pèse à peu près rien (environ quarante livres), alors le moteur force beaucoup moins pour pousser le bateau vers l’avant, ce qui signifie économie d’énergie ou d’essence. On peut donc rouler plus longtemps! Enfin, le prix pour être bien équipé est très raisonnable et la durée de vie de l’embarcation est surprenante. J’ai la mienne depuis près de dix ans et tout l’attirail est encore en très bon état.

 

Le siège flottant

 

Comme bien des gens, j'aime mieux pêcher accompagné d'un ami avec qui on peut discuter pendant les temps morts lorsque les poissons nous boudent. Mais il y a de ces journées où toutes les étoiles sont alignées pour connaître une pêche de fou, sauf qu’il manque l’élément essentiel : le compagnon de pêche. Je ne me priverai pas de pratiquer mon loisir préféré parce que je suis parfois en solitaire. Je sais que c’est possible d’effectuer toutes les tâches reliées à l’embarquement et au débarquement d’une chaloupe ou d’un bateau tout seul, mais c’est harassant et ça enlève un précieux temps de pêche. J’ai donc décidé un jour de  magasiner une embarcation de type solitaire : le siège flottant.

 

Le siège flottant, c’est comme pêcher assis au bout d’un quai. On a les fesses au sec la plupart du temps, mais les deux pieds sont dans l’eau. En fait, l’embarcation est composée de deux chambres à air qui forment une demi-lune ainsi que d’un banc situé en plein milieu.

 

Gonfler le siège flottant est une opération assez simple. Il faut tout d'abord le remplir d'air à environ 30% de sa capacité. Lorsque c'est fait, il faut ajuster les tubes à gauche et à droite pour les aligner correctement dans leur étui en toile. L'alignement est facile à effectuer, car il y a des velcros à l'intérieur qui vous permettent de coller les deux parties ensemble. Enfin, on finit de gonfler le tube et le tour est joué. Tout est déjà prêt à être utilisé. Ça ne prend pas plus que cinq minutes. Il y a aussi deux sangles situées à l'arrière du tube flottant pour permettre à son utilisateur de le placer sur ses épaules comme un sac à dos. C’est pourquoi je suggère de gonfler les chambres à air près de la voiture et de faire le portage avec le siège flottant gonflé sur votre dos. Je dis ça parce qu’habituellement, il y a beaucoup moins de  moustiques près de la voiture que près du lac.

 

Mais comment propulser cette embarcation peu commune? Avec nos pieds! Habituellement, lorsque je pars pêcher avec mon siège, je revêts de mes bottes-pantalons ainsi que des palmes fixées par-dessus mes bottes. C’est en faisant battre mes pieds de haut en bas que je réussis à avancer, ou devrais-je dire reculer. Parce que oui, on recule avec ce siège, ce qui fait que je l’utilise principalement pour longer les berges des lacs où je pêche. Il est rare que je parte en expédition en reculant vers le milieu du lac sans trop voir où je vais. Enfin, mon autre moyen de propulsion est une petite rame rétractable que j’emporte toujours avec moi juste au cas où un malheur arriverait, comme une palme qui se décroche, mais je ne l’ai encore jamais utilisé en ce sens.

 

Maintenant, il est important de mentionner que ce frêle esquif est d'une stabilité déconcertante. À moins de faire exprès, je pourrais quasiment garantir que vous ne tomberez ni à la renverse, ni en pleine figure dans le lac où vous vous trouverez. Même moi, qui suis assez maladroit en général, n'ai pas eu l'impression d'être déséquilibré d'une quelconque manière lorsque je me place le fessier sur le siège. Il est certain que la vitesse n'est pas au rendez-vous, mais la subtilité est une arme que vous posséderez. Au début, il est difficile de trouver un moyen pour se faire tourner de gauche à droite à l'aide de vos palmes, mais après quelques minutes d’essai, ce sera un jeu d'enfant.

 

En tout et pour tout, j'ai été charmé par ce tube flottant. Celui que je me suis procuré en est un de moyenne gamme et a coûté environ deux cents dollars. Il faut prévoir un coût supplémentaire pour les palmes (certains modèles se vendent avec les palmes) et la rame rétractable.

 

Lorsque j’étais seul avant, je pêchais à gué. Maintenant, je priorise le siège flottant. J’ai toujours trouvé qu’il était plus naturel de lancer vers la berge et de ramener le leurre vers l’embarcation que l’inverse. J’ai aussi attrapé beaucoup plus de poisson de cette façon.

 

Vous n’êtes pas convaincus des applications de ce type d’embarcation? Laissez-moi vous raconter une petite anecdote. C'était un soir du mois de juin. Mon copain de pêche et moi cherchions de nouveaux coins pour la truite mouchetée et en territoire libre. Trouver ce genre d’endroit où il n’y a pas de pression de pêche est quasi impossible, mais nous voulions tenter le coup. Armés d’une carte des environs, nous nous sommes mis à prospecter. Après plusieurs heures à fouiller forêts et chemins de terre, nous avons emprunté un large sentier accidenté dans le but de nous rendre à une rivière. Après quelques minutes dans les bois, nous avons découvert un petit étang à notre gauche qui était tout près de la route. J'ai donc arrêté la voiture pour observer cette minuscule étendue d'eau et mon compagnon de voyage a remarqué quelques bouillons à la surface : des poissons! Mais de quelle espèce s’agissait-il? Pour le savoir, il faut pêcher. Nous sortons alors nos cannes et tentons notre chance dans cet étang qui n’a vraiment l’air de rien. Tout à coup, mon ami pêcheur a eu une très bonne morsure sur son leurre et il m'a annoncé qu'il était certain que c'était une truite qui s'était manifestée. L’accès aux rives étant limité, il a fallu prendre les grands moyens. En moins de deux, j’ouvre le coffre de ma voiture et je gonfle mon canot pneumatique qui était en permanence avec moi lors de mes excursions d’exploration. L'étang était peu profond, à peine trois pieds d'eau, alors nous avons pris nos petites rames pour réussir à zigzaguer entre les multiples branches qui jonchaient le fond du lac. Au premier lancer, je ferre un poisson! Je réussis à ramener une belle truite mouchetée sauvage d'environ six pouces. Ce n'était pas énorme, mais c'était très satisfaisant. Deuxième lancer, deuxième truite! Après une heure de pêche, cinq truites avaient été capturées et de nombreuses autres étaient venues mordre. La plupart de nos prises étaient petites, mais un bel omble de fontaine de plus de dix pouces a fait partie de nos trophées de la journée. Nous avions donc découvert un nouvel endroit pour pêcher la truite sans pression de pêche et très peu accessible.  Je suis certain qu'avec un peu de patience, nous y attraperons une grosse truite un jour.

 

C'est ce genre d'aventure qui fait de la pêche un loisir si apprécié par les passionnés. Souvenez-vous que dans chaque ruisseau, derrière chaque chute, dans chaque étang, on peut découvrir des secrets de pêche incroyables et du plaisir illimité. Avec une de ces embarcations de pêche avec vous lorsque vous partez en expédition, vous serez prêts à toute éventualité. Qui sait, vous trouverez peut-être le spot de pêche de votre vie avant moi!


Source texte et photo : Jasmin Perreault

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