Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la pêche

Le monofilament est encore pertinent

Le monofilament est encore pertinent

Lorsque j’ai été initié à la pêche il y a de ça plus de 30 ans, mon père m’a donné une canne à pêche équipée d’un moulinet à bouton pressoir, d’un monofilament déjà installé de 8 livres test, d’une cuillère ondulante et d’un hameçon sur lequel il fallait enfiler un bout de ver de terre. Les deux seuls conseils qu’il m’avait divulgués à l’époque étaient de faire attention en lançant pour ne pas accrocher quelqu’un et de bien cacher la pointe de mon hameçon avec le ver de terre pour ne pas que l’omble de fontaine la remarque. C’était ça, la pêche à l’époque. Rien de compliqué. J’ai gardé cette façon de faire pendant toute mon enfance et mon adolescence. Plus tard, étant jeune adulte, je me suis remis plus sérieusement à la pêche. Quand je suis arrivé en magasin et que j’ai vu la panoplie d’items en tout genre, j’ai ressenti un vertige certain. Nouveaux leurres, nouvelles cannes, nouvelles techniques, nouveaux fils, bref, je me sentais dépassé. Aujourd’hui, après de nombreuses heures à pêcher et à tester tout ce matériel, j’en suis venu à la conclusion que oui, les nouveautés, c’est bien beau, mais il ne faut pas renier ce bon vieux matériel de base avec lequel nous avons tous appris à taquiner le poisson. Pour plusieurs, le monofilament fait partie de cette liste d’outils vétustes relégués aux oubliettes. Pourtant, comme le reste, le monofilament a une utilité certaine et a même réussi à évoluer avec le temps.

L’utilité du monofilament

Le monofilament est un type de fil à pêche utilisé depuis plus de 70 ans. Il est conçu tant pour la pêche en eau salée que pour la pêche en eau douce. Cette ligne à pêche a plusieurs caractéristiques. Tout d’abord, étant donné que le monofilament n’est formé que d’une seule fibre synthétique, elle n’a que très peu de résistance à l’abrasion. On ne suggère donc pas ce choix si on veut faire des bas de ligne pour les poissons aux dents acérées ou pour faire de la traîne avec un leurre qui nage près d’un fond rocheux. Mais, depuis quelques années, il existe une façon de remédier à ce problème. Il existe maintenant des types de monofilament qui sont recouverts d’un enduit protecteur qui augmente la résistance du fil à l’abrasion. Je pense au Yo-Zuri Hybrid qui est un de mes choix favoris lorsque je pêche le doré à travers de nombreux rochers.

Par contre, sachez que cette faiblesse contre le frottement sur les roches est un avantage dans certains cas bien précis. Par exemple, prenez le pêcheur à gué qui pratique son loisir favori dans le fleuve St-Laurent. Imaginez-le lancer sa dandinette très loin du bord pour aller chercher les poissons qui s’éloignent tranquillement de lui. Le pauvre, il a mal calculé la profondeur et son leurre reste coincé entre deux structures qui jonchent le fond. Quand ça nous arrive et que nous sommes équipés de fils lourds et résistants, nous devons bien souvent couper le fil de l’endroit où nous sommes. Pensez au nombre de pieds de fil qui se ramassent au fond de l’eau et qui deviennent une nuisance pour le reste de la partie de pêche! Si cette personne était équipée de monofilament, le fil aurait davantage de chance de se couper près du leurre par frottement, ce qui fait perdre une plus petite longueur de fil dans le moulinet.

Ensuite, notons que le monofilament est un fil qui peut finir par sécher, soit par le soleil, soit par le fait de ne pas être utilisé pendant un bon bout de temps. Sa résistance faiblit et il peut casser facilement. Encore une fois, il existe un avantage qui peut annuler cette faiblesse : le coût à l’achat. C’est de loin le fil le moins cher sur les tablettes aujourd’hui. Même si le fil n’est plus bon au bout de quelques années, ça fait moins mal au cœur de dépenser quelques maigres dollars pour le remplacer par une ligne toute neuve.

Une autre caractéristique du monofilament est qu’il flotte davantage que les autres types de fil à pêche. Il a moins tendance à se gorger d’eau, comme le fil tressé par exemple. L’inconvénient de cette flottaison est qu’il prend plus de temps à descendre dans la colonne d’eau et qu’un leurre à la traîne descendra à plus faible profondeur. Par contre, lorsqu’on pêche l’achigan avec un leurre de surface comme le popper, le monofilament devient l’outil idéal. De plus, étant donné que l’eau glisse sur le monofilament au lieu d’y pénétrer, ce fil à pêche est un meilleur choix pour la pêche blanche. Enfin, il m’arrive de pêcher l’achigan à petite bouche avec la technique wacky : un ver de plastique de type senko et un hameçon piqué en plein milieu du leurre artificiel que je lance près des structures. Lorsque les poissons sont agressifs, j’utilise davantage un fil qui descend rapidement au fond, comme de la tresse avec un bas de ligne en fluorocarbone. Mais quand les poissons ne mordent que très peu, je priorise l’utilisation du monofilament, car le ver souple qui descend plus lentement vers les profondeurs produit de meilleurs résultats.

La raison principale pour laquelle je choisis régulièrement le monofilament pour remplir mes moulinets est qu’il peut être presque invisible sous l’eau lorsqu’on choisit la couleur clear. En eau d’une turbidité moyenne à faible, le monofilament est donc un choix judicieux. De plus, si vous pêchez au lancer et que vous ramenez vos leurres à l’horizontal (en utilisant des poissons-nageurs de faible profondeur ou des cuillères ondulantes et tournantes par exemple), un moulinet rempli de monofilament est conseillé comparativement à l’option du fil tressé uni à un bas de ligne en fluorocarbone. Pourquoi? Parce qu’en n’utilisant qu’un seul type de ligne à pêche, on élimine un nœud (le nœud double-uni dans ce cas précis), donc une faiblesse dans notre lien avec le leurre et le poisson.

Aussi, la plupart des pêcheurs savent maintenant que le monofilament est un fil doté d’une plus grande élasticité que les autres, ce qui n’en fait pas le choix #1 des pêcheurs de dorés à la dandinette verticale. Malgré cette caractéristique, il m’arrive de pêcher à la verticale avec du monofilament. Par temps chaud, je préconise la technique du drop-shot pour les ombles de fontaine. Pour que ma journée de pêche ne se termine pas par plusieurs poissons manqués à cause de l’élasticité du monofilament, je l’utilise de pair avec une canne à pêche d’un niveau de puissance plus élevé que celle choisie habituellement. Dans ce cas précis, je change ma canne moyenne-légère en une canne moyenne. La rigidité de la canne compense pour l’élasticité du fil et le ferrage demeure très efficace. Ce fil un peu plus élastique que les autres m’aide aussi dans ma pêche aux poissons de fond à gué. Lorsque je suis assis sur les grosses pierres qui forment la plupart des quais qui donnent accès au fleuve St-Laurent, il m’arrive souvent d’avoir la canne dans les mains, mais de ne pas être totalement attentif à ce qui se passe dans l’eau. Cela arrive souvent après une longue période d’inactivité des poissons. Lorsque je sens du mouvement dans le fil et que mon inattention me fait rater le ferrage initial, j’ai remarqué que si je suis équipé de monofilament, les poissons ont davantage tendance à revenir sur mon appât naturel, ayant senti peu de tension à leur première visite. Et si je n’ai pas la canne en main, mais que je l’ai glissée entre deux pierres près de moi, je crois sincèrement que le monofilament me donne la fraction de seconde nécessaire pour réussir un bon ferrage étant donné que je ne réagis pas aussi promptement que je l’aurais voulu. À la pêche, ce sont les détails qui comptent.

Maintenant, je peux dire qu’après plusieurs heures de test, je considère que le monofilament de petit format manie plus facilement les leurres très légers que je prends pour la pêche aux salmonidés de grosseur moyenne et aux poissons comme la perchaude et le crapet-soleil. La nage de ces leurres me semble plus naturelle et au final, je constate que je prends davantage de poissons que lorsque je choisis d’autres types de fil. Surtout en rivière, avec le courant, j’ai remarqué que ces leurres miniatures dansent plus naturellement près de la surface et piègent plus de prédateurs en chasse.

Depuis l’arrivée des superfils, il y a une chose qui me fait rager et perdre de précieuses minutes de pêche : les maudites perruques. Que ce soit dans un moulinet à lancer lourd dans les mains d’un néophyte ou tout simplement dans un moulinet à lancer léger (vous savez, quand la boucle a magiquement tendance à se former profondément dans la bobine et qu’il faut sortir des dizaines de pieds pour s’en débarrasser!), ce désagrément est un réel désavantage de ces nouvelles lignes. Du côté du monofilament, ces épisodes frustrants arrivent beaucoup moins souvent.

Conclusion

Si vous n’êtes pas encore convaincus, j’ai une petite histoire vraie à vous raconter. Fin septembre. Je pêche dans une rivière à l’eau brunâtre avec un ami. Nous sommes près d’une fosse. Nous pêchons au toc, cette technique qui consiste simplement à lier un hameçon appâté d’un ver de terre au bout de la ligne, le tout précédé d’un ou de plusieurs petits plombs pincés. Il faut doucement lancer cet ensemble dans le courant en attendant patiemment la morsure. Nos cannes à pêche sont sensiblement les mêmes, nos hameçons, nos plombs et nos moulinets aussi. Les vers de terre proviennent du même pot! La seule différence est le fil. Mon ami pêche avec du fusionné et je pêche personnellement avec du monofilament d’une résistance similaire à la sienne. Je sors un poisson après l’autre quand lui, rien, niet, nada. On change de place, je suis encore celui qui fait des captures. Je change finalement de canne et mon ami attrape un beau poisson. La leçon à retenir de ce court récit est que malgré l’arrivée de plusieurs types de fil sur le marché au cours des vingt dernières années, le monofilament peut encore tirer son épingle du jeu dans certaines situations précises. Il ne faut pas le laisser à l’abandon sur les étagères des magasins!

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