Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la pêche

Les salmonidés en hiver

Les salmonidés en hiver

Au Québec, dans la plupart des régions, un pêcheur passionné de salmonidés peut s’adonner à son loisir préféré à tous les mois de l’année, même pendant les périodes hivernales! Certains territoires libres, quelques ZEC, quelques réserves fauniques ainsi que plusieurs pourvoiries offrent la pêche sur glace à l’omble de fontaine à un prix abordable.

Bien sûr, une adaptation est nécessaire pour connaître du succès pendant notre rude hiver québécois. Le portrait de la pêche blanche diffère nettement de celle de la pêche en chaloupe. Pour ma part, l’hiver, je vise presque exclusivement l’omble de fontaine ainsi que la truite arc-en-ciel. Je pense que je connais davantage le comportement de ces espèces par temps froid que par temps chaud, c’est dire! Alors, voici quelques astuces que j’utilise pour aborder cette pêche si excitante.

On priorise la canne à pêche!

Certaines espèces de poissons entrent dans une sorte de dormance lorsque la chaleur du soleil s’en va et il devient très difficile de les faire mordre à quoique ce soit. Pas les salmonidés. Ils préfèrent les eaux froides. Pas aussi froides que la température de l’eau sous la glace, j’en conviens, mais ce sont tout de même des êtres vivants qui continuent à être actifs l’hiver venu. Les températures préférentielles des truites arc-en-ciel et des ombles de fontaine varient entre 54 degrés Fahrenheit et 58 degrés Fahrenheit (entre 12 et 14 degrés Celsius). La température de l’eau sous la glace l’hiver se situe autour de 40 Fahrenheit (4 degrés Celsius). Nos poissons préférés sont encore très confortables dans cet environnement. Donc, si nous voulons les attirer de loin et avoir plus de chances de les faire mordre, on doit les titiller avec un appât ou un leurre qui semble vivant et actif, comme eux. C’est la raison principale pour laquelle j’utilise exclusivement de petites cannes à pêche lorsque je suis sur la glace, canne que je garde toujours en main. Les brimbales présentent un appât qui ne bouge que très peu (habituellement des bouts de ver de terre), ce qui va faire réagir seulement les ombles et les truites qui sont situés à proximité. De plus, installer toutes les brimbales avant de débuter et ranger tout le matériel une fois la session de pêche terminée est du temps dépensé inutilement selon moi. Imaginez si vous n’aviez que quelques trous à faire et seulement votre canne à vous occuper! Enfin, la troisième raison pour laquelle je préfère les cannes plutôt que les brimbales est le succès au ferrage. Combien de fois avez-vous vu au loin une brimbale bouger, signe évident qu’un poisson a mordu à l’hameçon, pour n’arriver que trop tard après quelques secondes de sprint dans la neige et la gadoue? Vivement l’utilisation de petites cannes de qualité pour faire augmenter vos succès à la pêche blanche.

L’utilisation d’une petite canne se prête bien à vos sorties entre passionnés pêcheurs. Vous êtes en sortie familiale de pêche blanche à la truite et vous ne voulez pas que chaque membre de votre famille se munisse d’une canne à pêche? Pas de problème! Dans ma région, j’ai droit d’avoir cinq lignes à l’eau en même temps pendant une session de pêche sur glace. Je m’adapte à la situation en installant quatre de mes brimbales pour que mes enfants aient de quoi s’occuper pendant que je dandine les leurres avec ma canne à pêche. Tout le monde est content!

Le comportement du poisson

Je possède une caméra vidéo sous-marine qui me permet de voir les agissements des poissons sous la glace. J’ai remarqué un élément très important dont j’aimerais vous faire part si vous choisissez d’adopter une canne à pêche cet hiver. À mes débuts il y a plusieurs années, je bougeais fréquemment et intensément ma canne à pêche pour que le leurre ait toujours l’air très vivant sous l’eau. J’obtenais un certain succès, mais pas autant que je l’espérais. Une fois ma caméra achetée, j’ai totalement changé mon approche. J’ai vu plusieurs poissons rater leur attaque sur mon leurre qui bougeait trop. J’ai aussi vu des poissons passer près du leurre nonchalamment sans l’attaquer et d’autres carrément se sauver tellement mon leurre était hyperactif!

Suite à ces observations, voici comment j’ai ajusté ma présentation. Lorsque mon leurre choisi émettait des ondes sonores ou réfléchissait la lumière du soleil (oui oui, le soleil passe sous trois pieds de glace et de neige), il me servait plutôt d’attracteur pour attirer les poissons de loin. Ensuite, lorsque les salmonidés curieux arrivaient sur l’écran de ma caméra, donc près de mon offrande, je ralentissais le mouvement en allant même jusqu’à tout arrêter. Les truites prenaient le temps de s’aligner sur ma cuillère et attaquaient ensuite de façon franche.

Je ne pêche pas toujours avec ma caméra sous-marine. Alors si vous ne possédez pas de caméra, pas de problème, j’ai la solution! Voici la marche à suivre. Je vous suggère de laisser tomber votre leurre jusqu’au fond. Ensuite, faites 2 ou 3 tours de manivelle sur votre moulinet pour amener votre présentation à quelques pouces, voire quelques pieds du substrat. Finalement, une fois en position, commencez à faire bouger votre leurre assez souvent, six ou sept fois par minute. Par contre, aussitôt que vous sentez une morsure ratée ou que vous attrapez un poisson, arrêtez vos mouvements tout de suite! Comme je l’ai mentionné plus haut, vous avez attiré les curieux et habituellement, ils ne sont pas seuls. Lorsque vous aurez sorti quelques poissons de l’eau et que vous vivrez plusieurs minutes de calme plat, recommencez à bouger le leurre plus frénétiquement. En suivant ce mode d’emploi, vous obtiendrez davantage de succès.

Quoi placer au bout de la ligne?

Tout d’abord, abordons le sujet de la ligne utilisée avant d’aborder ce qui se trouvera au bout. J’emploie du monofilament transparent de 4 à 6 livres vendu expressément pour la pêche blanche. L’eau glaciale a davantage tendance à s’égoutter sur du monofilament ; à l’inverse, l’eau a tendance à rester en place sur de la ligne tressée, ce qui forme un amas de glace sur toute la longueur du fil. Lorsque toute la ligne gelée est revenue dans le moulinet suite à la capture d’un poisson, il devient difficile de rapidement replonger le leurre à l’eau tellement la tresse est figée.

Maintenant, sachez que le choix de mes présentations dépend de plusieurs facteurs : présence ou non de soleil, température à l’extérieur la veille et le jour même, profondeur du lac, etc. Ceci dit, le leurre que j’utilise le plus l’hiver pour la pêche à la truite est la cuillère de petit format.

Si j’arrive le matin et que c’est un beau soleil qui pointe son nez à l’horizon, j’utilise quelque chose de métallique pour refléter la lumière comme une cuillère à dandiner, mais pas n’importe laquelle. Celle que j’utilise en particulier est une cuillère qui a une bonne courbure au centre et au bout. Cette courbure donne un mouvement sinueux, très vivant et réaliste lorsque je donne un coup de canne vers le haut. Cette même courbure donne un effet de poisson mort qui lutte pour sa survie lorsque je laisse descendre la cuillère mollement vers le fond. C’est officiellement mon leurre le plus dévastateur pour la pêche blanche aux salmonidés.

Si j’arrive sur le lac gelé et que le ciel est nuageux, je décide d’attirer le poisson en plaçant une cuillère qui émet des ondes sonores grâce à la présence de billes d’entrechoquement à l’intérieur. Ces leurres n’ont habituellement pas beaucoup de mouvement lorsqu’on les fait bouger de haut en bas, mais le son qu’ils émettent attise la curiosité des truites et ombles qui rôdent dans les parages dont le sens de la vue est diminué en raison du manque de luminosité. J’ai attrapé des truites arc-en-ciel de bon format avec ce type de leurre.

Si la veille de ma pêche (ou le matin même), un front froid s’est pointé le bout du nez, je dois encore changer mon approche. Un front froid l’hiver, c’est une température qui avoisine les -30 degrés Celsius(et plus bas encore) en ne comptant pas le facteur éolien. Selon mon expérience et mes observations, les poissons ont tendance à aller rejoindre les profondeurs du lac dans cette situation étant donné que le froid se situe près de la couche de glace à l’extérieur de l’eau. Si votre lac n’est pas très profond, la pêche sera difficile. Il vous faudra faire le moins de mouvement possible avec le leurre tout en diminuant leur taille et en vous déplaçant souvent autour du lac. Par contre, s’il y a des fosses de 15 à 20 pieds (et davantage) sur votre lac, c’est là que seront cachés les salmonidés. Une bonne lecture de carte bathymétrique avant de partir vous aidera à savoir où sont ces fameuses fosses. Comment atteindre ces frileux et en prendre quelques-uns? J’utilise personnellement une cuillère à dandiner pesante, métallique et sans courbure. Un genre de cuillère fabriquée tout du long qui plonge rapidement à l’endroit recherché. Une fois à quelques pieds du fond du lac, je n’applique que très peu de mouvement à ma cuillère à dandiner et ces mouvements sont aussi assez subtils.

Finalement, si tout ceci ne fonctionne pas, ma présentation doit se raffiner et être très crédible pour les poissons ciblés. Ils sont méfiants et ne mordent pas facilement. J’ai alors deux choix lorsque cela survient. Le premier est la pêche au tube. Je place un petit tube, grosseur 1/16 d’once au bout de ma ligne aux couleurs naturelles (blanc, vert, rose pâle, rouge) et j’applique quelques petites saccades à la présentation. Mon second choix est la pêche à la mouche. Quoi? Eh bien oui, je pêche à la mouche sous la glace l’hiver. J’utilise une technique de pêche à l’achigan qu’on appelle drop-shot. Je place donc un poids de 1/8 d’once au bout de mon fil. Environ un à deux pieds plus haut, j’y place ma mouche et je la fais tranquillement dandiner. Je n’utilise pas n’importe quelle artificielle. Elle doit avoir trois caractéristiques : elle doit être assez petite, d’une couleur naturelle et être lestée. Celle que j’utilise le plus souvent est une petite mouche que j’ai trouvée en présentoir dans la section « eaux salées » d’un magasin de pêche à grande surface. Elle a deux yeux métalliques de chaque côté de la hampe de l’hameçon, ce qui donne du poids à la mouche et m’aide à contrôler son mouvement avec ma canne.

Quoi placer après la cuillère?

J’ai lu plusieurs articles sur la pêche à l’omble de fontaine par temps chaud et un consensus ressort des nombreux avis d’experts : plus il fait chaud, plus il faut éloigner l’appât de la cuillère. Alors en hiver, faisons l’inverse et rapprochons le plus possible l’hameçon de la cuillère! C’est ce que je fais en utilisant un hameçon à longue hampe (que l’on retrouve dans tout bon magasin de pêche à la section des moucheurs) de grosseur #6, #8 ou #10. Si le lac où je pêche contient seulement des salmonidés, je choisis des hameçons #6 ou #8. Si le lac où je pêche contient d’autres menus fretins (perchaudes, crapets-soleil, etc.), j’utilise alors un hameçon #8 ou #10. C’est que j’aime bien aussi attraper ces autres poissons qui ont une gueule plus petite que mes truites, alors un plus petit hameçon m’aide à les cibler davantage. Attention, les œillets de ces hameçons sont très petits et ne passent pas dans l’anneau fendu situé sous la cuillère. Pour unir mon hameçon avec ma cuillère, je choisis soit un Fastach, soit un Hook Snap de très petit diamètre (grosseur 0). Ce genre d’item est vendu un peu partout et est facile à trouver.

Je ne laisse pas mon combo cuillère-fastach-hameçon à longue hampe totalement nu sans appât. J’ai déjà essayé les bons vieux vers de terre, mais ils ont tendance à geler l’hiver, alors j’opte pour un produit artificiel qui surpasse les lombrics en termes d’efficacité et de rentabilité. Après plusieurs essais différents, les appâts qui attirent davantage de poissons sont les Gulp! Alive Waxies de couleur naturelle (j’utilise le blanc). Ce sont des imitations de petites larves qui trempent dans le fameux liquide qui fait la renommée des produits Gulp! Alive. Ces larves sont toutes attachées les unes aux autres dans le petit contenant, alors j’en détache trois et je les empale sur mon long hameçon en laissant le troisième pendant librement sous le montage. On peut prendre quatre ou cinq poissons avant de changer d’appât, alors il devient rentable à long terme d’acheter un petit contenant et de le garder des années durant. J’ai le mien depuis environ quatre ans et je l’ai vidé de moitié seulement.

Souvent, l’hiver, on entend les gens se plaindre que c’est la saison morte, qu’il y a beaucoup moins d’activités accessibles que pendant l’été. C’est le temps de leur prouver qu’ils ont tort en leur faisant découvrir ce loisir pour leur décrocher un sourire. En plus, même les plus jeunes enfants peuvent s’adonner à ce passe-temps. L’an dernier, ma fille de deux ans a vécu sa première expérience de pêche blanche. Elle aimait bien regarder les poissons sortir de l’eau et se promener sur le lac. La pêche blanche est donc une belle option à privilégier en famille pour faire rougir les joues des petits et des grands. Étant seulement équipé d’une courte canne à pêche, du bon monofilament de petit diamètre et en ayant la bonne technique et les leurres adaptés à la situation, vous obtiendrez de bien meilleurs résultats et deviendrez par le fait même un véritable mordu de pêche blanche. Même s’il fait froid, lorsque le poisson mord, le cœur bat à tout rompre et réchauffe notre corps l’espace d’un instant dans cet hiver glacé.

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