Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la pêche

5 mouches pour tout faire

5 mouches pour tout faire

TRUITE MOUCHETÉE

 

5 mouches pour tout faire

 

 

Personnellement, quand il est question de mouches artificielles, j’ai toujours préféré utiliser le terme«suggestion» plutôt qu’imitation, car la plus savante création de poils et de plumes ne représente au mieux qu’une bien pâle illustration d’un insecte naturel.

 

Bien sûr, l’apprentissage entomologique et la recherche de spécificité de patrons d’artificielles chez les moucheurs et les monteurs de mouches passionnés représentent l’essence même de leur ferveur. Cependant, le pêcheur occasionnel à la mouche risque d’y percevoir plutôt l’essence d’un cercle fermé et inabordable, alors qu’il ne demande qu’à taquiner son poisson préféré avec des recettes simples.

 

Même si je dis tout de suite que je suis moi-même passionné de connaissances entomologiques pour tâcher de mon terdes mouches encore plus représentatives, je veux bien admettre que cela aura plus d’impact significatif sur ma satisfaction personnelle que sur mes résultats de pêche généraux. En fait, je suis persuadé que, plus souvent qu’autrement, le poisson n’aura que faire de l’identité exacte de la proie que je me serai efforcé d’imiter.

 

LA mouche à tout faire

 

Le très connu et très populaire modèle Muddler Minnow représente probablement l’exemple le plus révélateur de la futilité de tentative d’imitation particulière d’une mouche artificielle.Créée dans le but d’imiter un chabot tacheté, cette mouche est une de celles qui ont le plus dévié de leur vocation originale. Les chabots sont des petits poissons qui longent à peu près continuellement le substrat des plans d’eau,presque en rampant, alors que les moucheurs ont généralement plutôt tendance à utiliser la Muddler comme mouche de prospection, en la faisant «patiner» à la surface d’un lac, ou en la faisant progresser par saccades entre deux eaux, des mouvements qui ne s’apparentent pas du tout au comportement d’un chabot.

 

Par ailleurs, le principal matériau de fabrication de cette artificielle (poils de corps de chevreuil tournés et taillés) a naturellement tendance à la faire flotter comme un bouchon plutôt qu’à l’inciter à raser le fond en permanence. Et pourtant, Dieu sait à quel point ces présentations non conformistes sont efficaces pour suggérer l’allure et le comportement de très nombreuses et variées proies des truites.

 

Personnellement, je m’assure d’avoir des exemplaires de ce modèle dans des formats variés, pouvant aller du No 6 au No 12. Certains monteurs croient utile d’ajouter au modèle de base des variantes cosmétiques, comme une queue rouge vif, un corps jaune, une aile en plume de marabout, etc.

 

Nymphe générique

 

Dans n’importe quel plan d’eau, les larves et nymphes d’insectes aquatiques sont des proies favorites de la truite.Aussi, je me verrais mal partir en excursion de pêche à la mouche sans au moins un modèle de nymphe, et ce dans des grosseurs variées allant du No 6 au No 12. Je me soucie peu de la coloration exacte ou des détails anatomiques du modèle de nymphe particulier, au point où l’un ou l’autre des patrons commerciaux connus March Brown, Hendrickson ou même Hare’s Ear pourrait faire l’affaire.

 


 

Les points que je considère importants sont la présence d’une queue flexible, d’un corps de fourrure d’apparence relativement translucide, d’un thorax engraissé et hirsute recouvert d’une suggestion d’élytre d’aile et d’une collerette de hackle souple pouvant suggérer la présence et le mouvement de pattes.

 

Comme la teinte générale des différentes espèces de nymphes naturelles ne varie guère des tons de brun-grisâtre, il m’apparaît superflu de s’occuper des détails de coloration. Cependant,la taille des différentes espèces risque de varier passablement et cet élément prend vraiment toute son importance au moment d’une émergence concentrée d’une espèce en particulier, d’où la raison de disposer du modèle de nymphe suggéré enformats variés.

 

Sèche à toutes les sauces

 

Même si je crois qu’il est maintenant moins fréquent pour le moucheur d’avoir à se prêter au jeu du «Match the Hatch» en matière de suggestion d’insectes éphémères adultes, je ne voudrais pas non plus me retrouver sur un plan d’eau à truite sans un modèle d’artificielle suggestive, pouvant tout aussi bien me permettre de composer avec une rare situation d’émergence importante que de tenter de provoquer une montée opportuniste de gobage du poisson sur une mouche flottante par trop invitante.

 

Bien que je choisisse de monter pour cela un modèle hybride entre une White Wulff, une Humpy et une Irresistible, l’un ou l’autre de ces modèles commerciaux ferait l’affaire en autant que le corps ne soit pas trop grassouillet pour présenter une silhouette suggestive d’un insecte éphémère adulte. Les autres points que je trouve importants sont l’aspect pratiquement indestructible de l’aile en poils et le degré de flottaison du corps en duvet de fourrure hydrofuge ou en poils de chevreuils tournés et taillés. L’habileté à flotter et à suggérer plusieurs formes d’insectes sont les principaux critères recherchés.

 

Encore une fois, il m’apparaît plus important de disposer de plusieurs mouches de ce modèle en formats allant du No 6 au No 16, car dans une situation d’émergence la bonne taille de l’imitation est à mon avis le critère de première importance. Dans ces occasions, l’autre principal élément à considérer est de veiller à ce que l’artificielle se présente le plus naturellement possible et dérive sans traînée à la surface del’eau en rivière.

 

En d’autres temps, le format de la mouche présentée est moins crucial, car il s’agit la plupart du temps pour le poisson de profiter d’une occasion furtive de gober au passage une proie flottante occasionnelle. Souvent, une mouche sèche de forte taille saura mieux faire réagir les truites opportunistes qui ne veulent pas rater l’occasion de s’approprier une aussi belle bouchée.

 

Une suggestion de mené…

 


 

Je n’ai pas à ressasser mes souvenirs de pêche bien longtemps pour me rendre compte que mes plus belles prises de truites mouchetées à la mouche sont dues à l’utilisation d’un streamer. Ici, je fais cependant une distinction entre deux modes de pêche au streamer, soit celui qui consiste à présenter cette artificielle en prospection au lancer, comme on le ferait par exemple avec une Muddler Minnow, et celui où ce type de leurre est utilisé à la traîne.

 

Dans le premier cas, mon choix de streamer type va au modèle Black Nose Dace qu’on peut normalement retrouver facilement en magasin, et ce en tailles relativement modestes allant du No 2 au No 10. Ce modèle a été conçu à l’origine pour imiter l’espèce de mené nommé museau noir, mais il peut aussi bien représenter une autre espèce apparentée comme un ventre rouge du nord, un mené de lac ou autre cyprinidé juvénile. Les couleurs générales de ce modèle sont assez ternes et sa capacité réfléchissante est modeste, ce qui convient parfaitement en eaux relativement claires de la strate de surface des plans d’eau, comme dans les situations de pêche mentionnées.

 

… et une autre plus provocante!

 

En situation de pêche au streamer à la traîne, je me vois pratiquement «obligé» de vous suggérer le modèle de ma création portant le nom de JR Cisco. Si vous connaissez un monteur de mouches,ou si vous en êtes un vous-même, vous pourrez facilement obtenir ce modèle à l’aide des renseignements d’habillage mentionnés en fin d’article. Si vous n’avez aucune possibilité de faire exécuter ce montage par quelqu’un de votre connaissance, il reste la solution de vous procurer le modèle commercial Magog Smelt qui a une certaine ressemblance, mais pour des raisons de durabilité choisissez autant que possible une version à aile en poils et non en plumes.

 

La particularité du JR Cisco c’est son aile multicolore parsemé de fibres de Flashabou qui émettent des reflets d’arc-en-ciel changeants au moindre mouvement, en plus des brillantes réflexions argentées du corps de Mylar ou de tinsel. En gros, c’est une imitation de petit poisson aux formes élancées et aux teintes de corps brillantes, comme les ciscos des plans d’eau nordiques qui lui ont valu son nom, et les éperlans arc-en-ciel. Ces deux espèces sont des poissons pélagiques de grande nage plus souvent associés au touladi ou à la ouananiche, mais même si j’ignore la ressemblance que la mouchetée croit percevoir dans ce streamer je peux vous assurer qu’elle y reste rarement indifférente.

 

Le JR Cisco que je préconise est monté sur un hameçon à hampe très longue de #2 ou 4, et je recommande un hameçon Carrie Stevens dont la tige est suffisamment rigide pour résister aux mauvais traitements que les truites voudront lui faire subir. Vous pourriez aussi faire réaliser le montage sur un simple hameçon Mustad #3665-A en grosseur 6 ou 8 pour les occasions exigeant des modèles de taille plus restreinte.Ce modèle est conçu plus spécifiquement pour la pêche à la traîne et l’attirail tout désigné pour cette utilisation réside dans une canne à action rapide avec une soie à plongée ultra-rapide.

 

Les poils de l’aile de ce modèle effectuent des pulsations au moindre mouvement dans l’eau, tandis que les fibres de Flashabou réfléchissent la lumière par intermittence, même à bonne profondeur. Le streamer s’élance comme une flèche lors des «pompages» de la canne et hésite comme un leurre de suspension pendant les pauses. À mon avis(et aussi à celui des nombreuses belles truites que ce streamer a leurrées), l’allure,la visibilité et le comportement du JR Ciso conviennent parfaitement à la méthode d’utilisation suggérée.

 

 

PATRONS DE MONTAGE DE MOUCHES À TOUT FAIRE


Polyvalente type Muddler

Hameçon : Mustad #9671, No 6 à12

Queue : fibres de hackle ou courte section de plume de dinde

Corps : lamé métallique plator ou argent, moyen ou large

Côtes (facultatives) : lamé métallique ovale or ou argent, en spirale

Sous-aile : poils de queue de veau

Aile : section de plume de dinde ou fibres de queue de paon

Collerette : poils de corps de chevreuil naturels tournés

Tête : base des poils de chevreuil taillée en forme d’ogive

 

Nymphetype March Brown ou Hendrickson

Hameçon : Mustad #9671 ou 3906, No 6 à 12

Fil : noir

Queue : barbes ou pointes de hackle brun

Corps : fourrure de couleur ambre

Côtes (facultatives) : fil jaune ou lamé métallique ovale or, en spirale

Élytre d’aile : section de plume d’aile de canard ou de dinde couvrant le thorax

Pattes : poils et fourrure de thorax ébouriffés à l’aide d’une aiguille et collerette de hackle de poule grizzly

Tête : noire laquée

 

Sèche type White Wulff ou Irresistible

Hameçon : Mustad #94840, No 6à 16

Fil : brun

Queue : poils blancs de queue de chevreuil

Corps : poils de corps de chevreuil tournés sur la hampe de l’hameçon et taillés

Hackle : brun, en collerette de part et d’autre de l’aile

Aile : poils blancs de queue de chevreuil ou de veau

Tête : enroulages de fillaqués

 

Streamer type Black Nose Dace

Hameçon : Mustad #79580 ou 3665-A, No 2 à 10

Fil : noir

Queue (facultative) :bout de laine rouge vif

Corps : lamé métallique platargent ou tube Mylar

Aile (en 3 parties) :pincée de poils blancs de queue de chevreuil, surmontée de pincée de poils d’ours noir, surmontée de pincée de poils de queue de chevreuil brun naturel

Tête : enroulages de fil laqué

Facultatif : yeux jaunes avec iris noir, gorge rouge

 

Streamer type JR Cisco

Hameçon : Carrie Stevens àhampe 8X Long Nos 2-4,

ou Mustad #3665-A Nos 6-8

Fil : blanc

Sous-corps : enroulages de gros fil blanc

Corps : tube Mylar ou lamé métallique plat argent

Gorge : fibres duveteuses de hackle orange vif

Aile (en 3 parties) : pincée de poils blancs de queue de chevreuil ou d’ours polaire, surmontée de pincée de poils de queue de chevreuil teints mauve, surmontée de pincée de poils de queue de chevreuil teints violet, chaque pincée séparée par quelques fibres de Flashabou

Coiffe (facultative) : fibres de plume de queue de paon

Tête : enroulages laqués de fil de montage sur les boutures de poils d’aile coupées en biseau

Œil : jaune avec iris noir

 

 

 


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