Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la chasse

Chasse au dindon: Armes et munitions appropriées

Chasse au dindon: Armes et munitions appropriées
Pour le dindon sauvage, la législation oblige le chasseur à utiliser un fusil avec des cartouches dont la grenaille apparaît démesurément petite face à ce géant ailé. Des tests préalables de tir s’avèrent indispensables.


La chasse au dindon sauvage se gagne rapidement de nombreux adeptes au Québec. La saison de chasse de cet oiseau géant se tient au printemps et s’effectue par une technique d’appel et d’affût, le fusil chargé de cartouches à grenaille (habituellement de plomb) étant le seul type d’arme autorisé, Ceci limite la portée maximale d’efficacité de tir du chasseur à une quarantaine de verges environ.


Il faut savoir que la seule façon d’abattre proprement un dindon avec les types d’arme et de munitions autorisés est de l’atteindre de plein fouet dans le crâne et les vertèbres du cou, une cible plus petite que la portion centrale de votre poing et du début de votre avant-bras dressés. Comme les grosseurs de grenaille autorisées pour cette chasse sont les billes no 4, 5 ou 6, la gerbe doit être extrêmement dense pour qu’au moins 4 billes atteignent cette zone vitale à des distances allant jusqu’à 40 verges, d’où la nécessité d’un étranglement le plus serré possible,


L’arme
La popularité de la chasse au dindon a poussé l’industrie à produire une grande variété de modèles de fusils spécialisés (versions Turkey), ceux-ci comportant habituellement un canon court de 23-24 po pour la maniabilité, habituellement muni d’un système de mires, de lunette de visée ou de viseur à point rouge pour une plus grande précision du tir, l’arme portant un revêtement camouflage complet pour le plus possible passer inaperçu aux yeux perçants de l’oiseau.

Le type de mécanisme du fusil n’a qu’une importance secondaire, puisque cette forme de chasse ne nécessite généralement qu’un seul coup. Cependant, le mécanisme semi-automatique est avantageux parce qu’il contribue à absorber une partie du fort recul des lourdes et puissantes charges privilégiées pour cette chasse. Au dindon, l’étranglement Full du canon du fusil représente le minimum acceptable, et presque tous les chasseurs optent pour un étranglement spécial Extra Full (resserrement de .040 po) ou Super Full (resserrement de .060 po). Un canon muni d’un système de tubes d’étranglement interchangeables constitue donc une autre nécessité. Les tubes d’étranglement

Extra Full ou Super Full Turkey sont heureusement disponibles dans les marques de fusils les plus populaires.


Mires et munitions

Pour nos petits gibiers traditionnels, le tir au tusil s’effectue rapidement par un simple pointage relativement imprécis, mais il en est tout autrement à la chasse du dindon. Ici, le tir doit s’effectuer de façon posée en visant soigneusement, de la même façon que pour un tir à la carabine, pour s’assurer de bien placer le plein centre du noyau de la gerbe sur la petite cible, car la concentration de billes dans la bordure du patron serait insuffisante pour assurer un coup fatal.


Pour assurer cette précision, le simple guidon du fusil risque fort d’être inadéquat. La présence de guidons doubles, un à l’extrémité et l’autre au milieu de la bande ventilée, dont sont munis certains fusils récents procure un avantage d’alignement certain, mais ce système ne permet aucun ajustement si des tests préalables démontrent qu’il ne prodigue pas un point d’impact parfaitement centré. Certaines compagnies proposent des canons spécialisés munis de mires pouvant être interchangés sur des modèles spécifiques pour mieux convenir à cette chasse.


Pour les chasseurs occasionnels de dindon, le moyen qui paraîtra sans doute le plus approprié consiste à se procurer un système de mires amovibles et ajustables qui peut s’installer facilement sur la bande ventilée de la plupart des fusils. Dans ce genre de produits, on retrouve notamment les Hi-Viz Turkey Sights (www.hivizsights.com/product-category/products/shotgun-sights/turkey-deer-sight-sets/. Celles-ci comportent une hausse ajustable et un guidon à fibres optiques pour une meilleure visibilité par temps sombre.


Le guidon à base magnétique et le cran de mlre ajustable de Hi-Viz (à gauche) peuvent être facilement installés sur la bande ventilée du fusil. Au centre, un tube d’étranglement Full standard fait piètre figure à côté d’un tube Turkey Extra-Full (extrême droite) en modèle allongé et muni d’évents pour aider à amoindrir le recul et le saut du canon.

Un chasseur sérieux et averti ne voudra surtout pas courir le risque de chasser le dindon avec n’importe quel type de munitions. Par exemple, les cartouches standard de type Game Load sont conçues pour prodiguer un large patron de dispersion pour faciliter l’atteinte d’un oiseau-gibier en vol. De leur côté, les munitions spécialisées pour le dindon (Turkey Loads) sont constituées de grenaille de plomb durcie ef plaquée de cuivre ou de zinc, la charge contenant même une poudre tampon pour minimiser la déformation des billes le plus possible et assurer une plus grande concentration de la gerbe. Comme cette chasse n’exige qu’un minimum de cartouches, il vaut vraiment la peine de s’assurer de la meilleure qualité, l’offre des différentes compagnies de munitions commerciales spécialisées étant très vaste. Les munitions de type Turkey Loads à grenaille de plomb conviennent très bien à ce type de chasse.


Des tests

Munis d’un fusil de calibre 12 chambré à 3 1/2 po, nous avons débuté les tests en installant à une distance de 40 verges (portée considérée comme maximale pour le dindon) de grandes feuilles de patronage avec point de référence de visée central. Bien appuyés au banc de tir, nous avons effectué des tirs successifs en visant le plus soigneusement possible le point de référence à l’aide du simple guidon original du fusil. Après avoir annoté adéquatement ces cibles, nous avons installé sur la bande ventilée la hausse ef le guidon à fibres optiques du système de mires Hi-Viz et nous avons procédé à l’ajustement. Par la suite, nous avons effectué une autre série de tirs avec les mêmes munitions sur le même genre de cible. En comparant les deux séries de cibles, nous avons pu constater à quel point le système de mires augmente la précision et permet de placer à chaque coup le plein centre du noyau de la gerbe sur le point de visée.

Sans mire


Avec mires



La cible (sans mire) a été atteinte à 40 verges en visant seulement à l’aide du guidon original du fusil (noter comment la gerbe est décentrée par rapport à la tache rouge représentant le point de visée). Pour l'autre cible, un système de mires bien ajusté a été utilisé.


En deuxième étape, nous avons installé à la même distance des cibles de type Turkey Patterning Target représentant une vue en coupe de la tête et du cou d’un dindon grandeur nature, avec secteurs vitaux visibles. Toujours avec le même fusil et les mêmes munitions Turkey Load en calibre 12 de 3 po chargées de 1 3/4 oz de billes de plomb no 5, nous avons ensuite effectué une série de tirs avec un tube d’étranglement Full (étranglement de .029 po), en visant soigneusement la région vitale de la cible. À titre de compa¬raison, nous avons ensuite effectué la même série de tirs avec un tube Super Full Turkey Extended. En comptant le nombre de billes ayant atteint les points vitaux de la cible à chaque coup, nous nous sommes rendu compte de l’immense avantage de l’étranglement Super Full.


Observations

Devant un oiseau aussi résistant et l’obliga¬tion légale d’utiliser une grenaille aussi petite que les no 4, 5 ou 6, il faut garder à l’esprit que le seul moyen de récolter proprement et sûrement ce robuste coursier consiste à le mettre knock-out sur le champ. Dans cette optique, nos tests nous ont convaincu d’un certain nombre d’éléments incontournables, notamment la nécessité de disposer d’un système de visée précis et d’un étranglement spécial Extra Full ou Super Full, ainsi que l’importance de mener ses propres tests avec la combinaison fusil-munitions dont on dispose. En fait, celui qui envisagerait partir à ia chasse au dindon sans avoir effectué au moins quelques essais de tir serait dans la même position déplorable que le chasseur de gros gibier qui ne daigne même pas faire l’essai de sa carabine avant de partir en expédition.


Il faudrait mener ces tests préalables sur de vraies cibles de din¬don facilement disponibles dans les magasins spécialisés du Québec. Avec les mêmes munitions, effectuez un tir sur au moins trois cibles différentes à une distance de 40 verges pour faire le décompte du nombre minimal et moyen d’impacts vitaux (le patron de la gerbe n’est jamais exactement le même d’un coup à l’autre); si ce nombre est inférieur à 4, il faudra raccourcir la distance de tir ou essayer une autre sorte de munitions, possiblement avec une charge plus lourde (en passant par exemple d’une cartouche de 3 po à une autre de 3 1/2 po si le fusil peut l’accepter).


Il apparaît aussi évident qu’un chasseur ne disposant que d’un étranglement Full standard devra réduire sa portée de tir aux environs de 30 verges pour espérer pouvoir placer le minimum requis de 4 billes dans les points vitaux du crâne et des vertèbres cervicales du dindon. D’ailleurs, il ne faut surtout pas espérer récolter un dindon en le tirant au corps, un geste qui serait aussi inutile que cruel. Avec des munitions à grenaille de plomb, une cartouche Turkey Load de 3 po avec charge de 1 3/4 oz de billes no 5 nous semble un bon compromis pour obtenir la densité de gerbe ainsi que la capacité de pénétration souhaitables.


Comme la distance maximale de portée efficace s’avère cruciale, le chasseur de dindon sérieux devrait aussi s’assurer de disposer d’un petit télémètre pour établir à l’avance, à partir de son poste d’affût, les limites du périmètre à l’intérieur duquel le tir sur l’oiseau peut s’effectuer avec assurance.


Comme on peut le voir, la chasse au dindon n’est vraiment pas une activité qu’on peut prendre à la légère.



Sur cette cible de patronage pour munitions à dindon, près d’une trentaine de billes de cette charge ont touché la région de la tête et du cou de l’oiseau, mais seulement cinq ont atteint les parties vraiment vitales (surlignées en jaune) que représentent la section centrale du crâne et les vertèbres cervicales, ce qui aurait quand même été suffisant pour l’amener au tapis.


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