Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la chasse

Fait vécu: un trophée bien mérité à l'arc

Fait vécu: un trophée bien mérité à l'arc


Un voyage de chasse à l’orignal en réserve faunique, ça se prépare dès l’envoi de nos inscriptions au tirage au sort, et à l’hiver 2017-2018 nous visions la réserve faunique des Laurentides. Puis l’heureuse nouvelle est arrivée à l’effet que mon beau-père avait été sélectionné et nous avons pu choisir notre zone de chasse.


Nous avions étudié les cartes du secteur, prévu nos salines, déterminé nos coins à prospecter, mais un accident de travail de mon conjoint David Falardeau est venu tout remettre en cause. Au cours de la première fin de semaine de juin nous réussissons quand même à nous rendre visiter notre zone, et malgré l’état de David ralenti par sa commotion cérébrale, nous installons quatre salines prévues avec caméras de détection.


Un départ très attendu

L’été passe et nous visitons la zone à quelques reprises supplémentaires, l’état de David s’améliore lentement mais sûrement, puis le moment tant attendu du voyage arrive. Quatre chasseurs y participent, David, son frère Danny, son ami Alain et son père Jacques, ainsi que trois accompagnateurs dont moi-même. Nous sommes particulièrement encouragés par la photo du gros buck captée par une de nos caméras de détection. 


Pourtant, au premier soir de chasse, aucune piste n’a été aperçue par les participants, et le fait que les quatre groupes de chasseurs qui nous ont précédés dans notre zone n’ont rien récolté jette une douche d’eau froide sur notre enthousiasme. Nous étudions notre carte encore et encore en essayant de comprendre où peuvent bien être passés les beaux bucks photographiés au cours de l’été. 

Le lendemain matin, nous décidons d’accéder à notre montagne précédemment identifiée, une montée de 45 minutes. Rendus sur place, dès le premier appel de femelle lancé par David, une femelle répond immédiatement avec une vocalise de protestation. Enfin, nous avons la confirmation qu’il y a des orignaux dans notre secteur! Le lendemain matin, un autre participant se fait prendre par surprise par l’apparition d’un beau buck dans le chemin devant lui, mais celui-ci disparaît trop rapidement pour pouvoir tirer. C’est bon signe : il y a différents orignaux dans notre zone!


Première confrontation
Cette même fin d’après-midi, après être allé chercher une caméra dans un autre secteur de la zone, nous retournons au chemin de la montagne. Il est un peu tard, la lune ronde et lumineuse commence déjà à pointer. David lance quelques appels, et soudainement une femelle nous répond, puis des craquements de plus en plus fréquents se font entendre. Après plusieurs calls de femelle et de mâle, David gratte son cornet dans les branches et nous entendons enfin une réponse bien forte d’un mâle : un gros rot grave et résonnant!
Il ne reste que 15 minutes de chasse, David enchaîne les appels et les frottages, et le mâle s’avance de plus en plus! Jamais de ma vie je n’ai entendu un buck aussi près de nous! Son panache frotte les arbres, il rote et nous lance à quatre reprises un genre de gros souffle de cheval assez impressionnant. Malheureusement, le temps file et la noirceur arrive. Le mâle nous contourne et dans la pénombre grandissante, nous ne réussissons pas à le voir… David décharge son arme, c’est fini! Nous ne pouvons qu’espérer le rencontrer de nouveau dans les jours suivants. 


La journée suivante est horrible, avec une température à faire peur : du vent, de la pluie, des orages! Rien pour nous motiver à rester positif. Même chose pour le matin suivant, il fait froid mais venteux et une neige fondante et mouillante recouvre le sol.
Ce soir-là, le ciel se dégage enfin et nous décidons d’avancer plus loin dans notre coin montagneux privilégié. Après quelques appels lancés par David, nous entendons encore une fois la réponse furieuse d’une femelle. Bien décidés, nous avançons et dès que David lance un nouvel appel, une autre femelle répond à son tour. 


En sortant d’une zone d’épinettes, nous débouchons dans une coulée au flanc de la montagne et nous entendons clairement les vocalises de plusieurs différentes femelles, puis des «pouf» de mâle. Mais chaque fois que celui-ci semble vouloir s’approcher de nous, la femelle se fait plus insistante et le rappelle. C’est une guerre entre elle et David. Évidemment, elle sait se faire plus convaincante et encore une fois c’est la femelle qui gagne la partie. 


Journée fatidique

À 4 h 15 le lendemain matin, le cadran sonne sur cette dernière journée complète de notre séjour de chasse. Un gruau vite avalé de travers et nous partons, décidés, mais avec aussi au fond de nous le stress de revenir du voyage les mains vides. Tout est gelé et il fait froid, caractéristiques d’un bon matin de chasse. Nous décidons que si le mâle ne vient pas à nous, nous irons à lui. 


En traversant la fameuse coulée, nous entendons des femelles se lamenter. C’est bon signe, ils sont encore là! GPS en marche, David progresse en tête en transportant sa carabine, son cornet et sa palette, et je suis avec ma caméra. Une fois la coulée blanche de givre traversée, nous continuons vers la montagne d’où semblent provenir les appels. Chaque fois que David émet un call, la femelle répond et on peut aussi entendre le buck qui voudrait bien approcher, mais qui est retenu par la femelle. Allez, on continue, ils sont là tout près; on les entend, ce n’est pas le temps de renoncer! 


Nous arrivons à un barrage de castor. Nous nous arrêtons un instant et David continue d’émettre des appels. Le mâle vient vers nous, il frotte son panache dans les aulnes, il rote! C’est fort et le son s’intensifie. Cachée dans les branches, je m’attends à le voir apparaître d’une minute à l’autre, mais non, un langoureux call de femelle en chaleur le détourne à nouveau. Devant le barrage de castor, David me regarde, déçu et triste, semblant se dire que c’est fini… 

Je lui souris et nous repartons, traversons le barrage et nous voilà sur un autre petit flanc de montagne. C’est alors que nous parvient l’odeur stimulante d’une souille toute fraîche. Je comprends immédiatement que nous venons d’entrer dans la maison du buck. Nous continuons de monter et d’entendre la femelle réclamer son prétendant, pendant que David l’imite et frotte bruyamment sa palette dans une talle de branches fraîchement broutée. 


C’en est trop comme provocation pour le mâle qui fonce furieusement vers nous. Le sol résonne sous ses sabots, les branches sont bruyamment écartées ou brisées par son immense panache pendant son approche. Cachée dans les branches, je mets la caméra en fonction et la tiens à bout de bras. J’ai perdu David de vue dans les branches, mais je sais qu’il ne peut manquer d’apercevoir l’animal à tout moment. Puis, BANG! Le coeur m’arrête, et je vois l’immense bête passer devant moi, puis s’arrêter. À nouveau BANG! L’orignal sursaute et s’effondre enfin.


C’est le cri de la victoire, les larmes de la fierté qui coulent, le corps qui cherche son souffle. Une vie s’est arrêtée, mais une victoire s’est écrite. Il est énorme!
Tiré après 3 1/2 heures de marche en forêt et sorti après 6 heures de travail ardu à se tailler une voie de VTT à la tronçonneuse, le buck est enfin pendu sur le jambier du chalet, entouré des gens présents au secteur, tous impressionnés devant la bête dont l’envergure du panache fait 57 pouces. Assurément, un trophée bien mérité! 



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