La pérennité du cheptel de cerfs en Outaouais
Mais il demeure important d’être réaliste en ce qui concerne la densité actuelle des cerfs en Outaouais et ce, malgré un taux de natalité annuel favorable. Depuis le dernier recensement, plusieurs bêtes ont succombées au cours des hivers rigoureux que nous avons connus dans notre région. Il est également important de réaliser que les densités de cerfs peuvent varier sur l’ensemble du territoire avec certains secteurs qui auront peu ou aucunes bêtes tandis que d’autres profiteront d’une concentration plus favorable. Il existe aucun doute que nous sommes loin des belles années (2000-2007) quand notre région débordait de cerfs (90,000 +). La majorité des chasseurs sportifs sont de plus en plus conscient de ce fait surtout avec les baisses de récolte annuelles successives enregistrées depuis 2014. Selon le MFFP, « lorsqu’on gère des cerfs nordiques qui sont à la limite de leur aire de distribution, il est normal de vivre des variations de densité et de récolte.» Malgré que le niveau de la récolte totale de la saison dernière soit similaire à celle de 2015, il demeure évident que la densité est loin d’être idéale pour améliorer le taux de succès. Dans le but d’assurer la pérennité du cheptel dans notre région, il est souhaitable que les chasseurs sportifs agissent de manière à favoriser sa croissance. Pour ce faire, ils devront poser des gestes de conservation aussitôt que la prochaine saison.
Règle générale, la majorité des chasseurs sportifs n’hésitent pas à gracier une femelle accompagnée de faons. Dans ce genre de situation, l’éthique du chasseur nous dicte de patienter afin de récolter un cerf mâle ou femelle solitaire. Si le chasseur désire à tout prix récolter un gibier, le faon demeure un choix de conservation logique. D’ailleurs, les biologistes confirment que, dans le cas d’un hiver rigoureux, ce n’est qu’un faible pourcentage des faons qui parviennent à survivre. D’autre part, la femelle donne habituellement naissance a 1 ou 2 faons annuellement, ce qui procure une stabilité dans la croissance du cheptel.
Depuis plusieurs années maintenant, les statistiques démontrent également que la récolte de cerfs mâles est composée principalement de bêtes de 1½ an environ. Ce facteur représente une problématique en raison du nombre décroissant de mâles au sein du cheptel. Cela explique la rareté ou absence de grattages compétitifs / territoriaux par les cerfs mâles au sol lors de la période du rut (1-15 novembre) en raison du surnombre de femelles. Afin de corriger ce type de situation, un projet expérimental du MFFP en Estrie cette année de restriction sur la taille des bois (RTLB) qui limite la récolte de cerfs mâle adultes qui possèdent trois pointes de 2,5 cm ou plus d’un côté du panache. Cette initiative vise la protection des jeunes mâles adultes (daguets à 4 pointes) pour augmenter leur nombre afin d’équilibrer le ratio mâle /femelle du cheptel.
Bref, il s’agit de sensibiliser les chasseurs sportifs au fait que les mesures et comportements de conservation que nous prenons aujourd’hui, assureront nos chasses futures et celles de notre relève. Bonne chasse sécuritaire à tous….
Photo: courtoisie Jocelyn Vachon
Autres articles similaires


