Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la chasse

Approche en duo pour une meilleure efficacité

Approche en duo pour une meilleure efficacité

Personnellement, je considère la pêche comme une activité sociale. Pour avoir du plaisir lorsque je pratique ma passion, il est aussi important d’attraper du poisson que d’avoir un bon partenaire. Par exemple, lors d’une journée de pêche typique, mes compagnons se pointent souvent avec un bon café le matin, m’aident à mettre l’embarcation à l’eau, discutent avec moi lors des temps morts, me prêtent un émerillon lorsque je me rends compte que j’ai oublié les miens, prennent de belles photos de nos excursions…bref, pour ma part, avoir un ami à la pêche est indispensable. Je ne pêche plus seul depuis un bon bout de temps. Mais, entre vous et moi, la raison principale pour laquelle je pêche en duo est que j’attrape plus de poissons de cette façon! Voici comment vous et votre matelot pourrez élaborer des stratégies gagnantes qui vous permettront de gagner du temps sur l’eau et de capturer de belles prises!

Le patron de pêche

Il arrive souvent que, lorsque vous pêchez sur un nouveau territoire, comme dans une réserve faunique, vous n’ayez pas un grand choix de lacs à votre disposition. Le premier semble être d’une superficie énorme et le second ressemble à une mer intérieure. Contrairement aux plus petites étendues d’eau, ces immenses lacs peuvent prendre des années à analyser, à maîtriser et à comprendre pour obtenir du succès de façon régulière. De votre côté, vous n’avez que quelques heures pour espérer attraper du poisson. C’est à ce moment qu’il faut établir une stratégie en duo pour éviter une journée où vous reviendrez bredouille au chalet. Dans ce cas-ci, trouver le patron de pêche doit se faire rapidement. Mais qu’est-ce qu’un patron de pêche? C’est le fait de localiser le poisson pour ensuite lui présenter le bon leurre à la bonne profondeur et à la bonne vitesse.

Commençons par la localisation. Avec ou sans partenaire, la localisation se fait habituellement très facilement. Si vous êtes le moindrement observateur et si vous avez un échosondeur, vous trouverez aisément les structures visibles à l'œil nu ainsi que celles submergées. Tout bon pêcheur sait que ces structures sont des aimants à poissons et que c’est par celles-ci qu’il faut commencer notre prospection.

Par contre, lorsque vient le temps de trouver le bon leurre, la bonne profondeur ainsi que la bonne vitesse, votre copain de pêche sera fort utile pour solutionner le casse-tête beaucoup plus vite que si vous étiez seul. Tout d’abord, tant que vous n’avez pas trouvé le patron de pêche de la journée, ne pêchez jamais avec des leurres similaires. Vous êtes à la pêche à l’achigan et votre compagnon lance un leurre de surface orné de cuillères métalliques comme un spinnerbait et le ramène de façon agressive? De votre côté, pêchez en profondeur de façon subtile et lente avec un leurre de plastique mou possédant de petits tentacules, comme un tube. De cette façon, vous aurez une bonne idée de l’état dans lequel se trouvent les poissons qui nagent dans le secteur (en chasse ou au repos), de la vitesse à laquelle vous tournerez la manivelle de votre moulinet (nage rapide, nage saccadée, nage lente) ainsi que de la profondeur à laquelle ils évoluent (surface, profondeur, mi-eau).

Si la solution est que les poissons sont agressifs et chassent en surface, le pêcheur au tube devrait changer pour un autre leurre qui évolue en surface ou près de celle-ci, comme un popper ou un jerkbait, jusqu’à ce qu’un leurre se démarque d’un autre. D’autre part, si la solution est que les poissons sont plutôt au neutre et qu’ils nagent en profondeur, le pêcheur au spinnerbait devrait changer pour une technique comme le drop-shot ou pour un leurre comme un bucktail jig. Assez rapidement, cette stratégie éliminera tout ce qui ne fonctionne pas pour que les pêcheurs fassent un choix éclairé en fonction de ce que leur dictent les poissons.

Enfin, être deux pêcheurs qui se complètent sert aussi à vérifier si le poisson ciblé est sensible aux odeurs au moment où vous êtes sur l’eau. À la pêche à l’omble de fontaine plus particulièrement, je commence toujours à pêcher avec un leurre agressif sans odeur, comme un poisson-nageur, une cuillère tournante ou une cuillère ondulante. Si rien ne fonctionne, mon deuxième essai est l’utilisation d’un appât artificiel qui dégage de l’odeur, comme les produits Gulp! Alive! par exemple. Enfin, si rien ne fonctionne, je termine mes essais avec un bon vieux ver de terre ou une petite sangsue. Imaginez le temps que je sauve lorsque nous sommes deux dans l’embarcation et que nous vérifions les réactions des poissons aux odeurs chacun de notre côté! Les réponses viennent beaucoup plus rapidement et les succès aussi.

Quantité ou qualité?

Une autre raison pour lesquelles il est important d’utiliser une tactique différente de votre partenaire de pêche est pour avoir une idée de la grosseur des prises qui nagent dans un endroit précis dans le but de leur servir un repas de la bonne dimension. Voici une anecdote pour illustrer mon propos. Moi et mon ami sommes en train de pêcher sur un lac et nous ciblons l’achigan à petite bouche dans un endroit où il y a plusieurs structures visibles comme un quai et un arbre submergé. Je suis au drop-shot avec un leurre de moins de 3 pouces, mon bras droit est à la pêche au wacky rig avec un gros ver de plastique mou de plus de 5 pouces de long. Je n’ai aucune prise ni aucune touche. Rien, niet, nada. Par contre, mon ami attrape quatre ou cinq poissons et ce ne sont pas de menus fretins. La plupart des achigans qu’il capture pèsent entre 3 et 4 livres! Quelques instants plus tard, nous nous déplaçons vers un endroit où nous voyons une dénivellation sous-marine près du bord. Nous pêchons avec les mêmes leurres, mais le résultat est totalement différent. C’est moi qui attrape un nombre record de poissons, mais ils sont tous plus légers et font moins de 2 livres.

L’adage anglais bigger fish, bigger bait s’applique ici. Cette phrase signifie que les plus gros poissons s’attaquent habituellement à des plus gros leurres. Par contre, pour savoir si l’endroit visé renferme des alevins ou des monstres, il faut essayer de pêcher avec des leurres de différents formats et différents profils. Lorsqu’un profil ressort, alors les deux pêcheurs peuvent présenter des repas dignes de ce nom à la bonne dimension de poissons!

Maximiser le rendement de la zone de pêche, hiver comme été

Si vous pêchez le doré, vous savez que ce poisson est grégaire, qu’il nage habituellement en banc. Une technique déjà observée est de faire de la traîne sur un plan d’eau donné jusqu’à ce qu’un pêcheur sente une touche ou ferre un poisson. Alors, le capitaine fait demi-tour pour revenir près de l’endroit où s’est manifesté le poisson et tout l’équipage change de leurre en plaçant une dandinette verticale au bout de la ligne dans le but de maximiser le rendement de cette zone de pêche en essayant de capturer le plus de poissons possible qui nageaient dans ce banc. Cette stratégie traîne/pêche à la verticale est connue et utilisée depuis longtemps puisqu’elle donne de bons résultats.

Cette stratégie peut aussi s’utiliser au lancer seulement. Vous êtes à la pêche au brochet dans une zone herbeuse et votre compagnon de pêche, qui est en train de ramener sa ligne au bateau, vous dit qu’il vient de sentir une morsure. Il y a donc un brochet en chasse dans les alentours. Sans plus attendre, lancez tout de suite votre offrande dans la même trajectoire que le leurre de votre compagnon. Vous allez vraiment énerver ce prédateur et il arrive souvent que l’ésocidé qui a manqué l’attaque précédente donne un coup de gueule sur votre leurre. Parfois, ça prend deux pêcheurs pour capturer un seul poisson!

On peut même utiliser cette technique à la pêche hivernale. La perchaude, poisson qui se déplace en groupe, est lui aussi vulnérable à cette stratégie en duo. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai vu, sur l’écran de ma caméra sous-marine, une perchaude se piquer sur mon leurre, remonter ensuite vers la surface pendant que plusieurs autres poissons la suivent, nageant eux aussi vers le trou par lequel je sors la dite perchaude! Une bonne tactique ici serait qu’aussitôt que le pêcheur #1 sort une perchaude, il libère le trou pendant que le pêcheur #2 fait immédiatement descendre le leurre au même endroit. Lorsque le pêcheur #2 ferre un autre membre du groupe de perchaudes, il se tasse pour laisser la place au pêcheur #1 et ainsi de suite. Ces poissons curieux n’y verront que du feu et de votre côté, vous aurez réussi une pêche du tonnerre!

Pour une pêche au lancer efficace

Je ne suis pas un pêcheur pour qui la traîne est une façon de pêcher souvent utilisée. Vous savez, lancer nos leurres à l’eau derrière l’embarcation et dépenser de l’essence pendant toute une journée en sillonnant le lac d’une rive à l’autre? Très peu pour moi. Personnellement, je traîne presque exclusivement pour me déplacer d’un point A vers un point B du lac en ayant toujours un leurre à l’eau pour maximiser mes chances de capture. Sinon, je n’utilise pas vraiment cette technique. Je suis davantage un pêcheur hyperactif qui adore lancer, parfois des dizaines, voire des centaines de fois par jour. Être deux lanceurs de leurres très actifs dans l’embarcation donne de très bons résultats, souvent meilleurs que ceux qui ne font que traîner. Par exemple, une tactique que j’utilise souvent à la pêche au brochet consiste à entrer dans une baie herbeuse et à ancrer le bateau pour qu’il soit à la fois à distance de lancer de l’herbier et de l’entrée de la baie. Ces deux zones constituent habituellement les deux cachettes des brochets en chasse. Les cibler en même temps sauve du temps et rend la journée de pêche plus productive. La pêche en duo aide aussi le pêcheur au lancer que je suis à être plus efficace en couvrant du terrain plus stratégiquement et ce, en un court laps de temps. Il nous arrive fréquemment de nous laisser dériver sur l’eau près du bord et qu’un des deux pêcheurs cible les rives du lac tandis que l’autre lance au large. Cette pêche à la dérive énergique nous donne de précieuses informations pour orienter le reste de notre journée de pêche.

Parler de pêche

Quand je suis à la pêche avec mes amis passionnés, nous parlons presque exclusivement…de pêche dans la chaloupe! Pas de nos exploits ou de nos amères déceptions, mais bien de ce que nous vivons et remarquons au moment présent. Le fait de verbaliser à haute voix ce que nous voyons, de partager notre analyse de la clarté de l’eau, du climat, de la température, des choix de leurres et des raisons pour lesquelles nous les faisons constitue une stratégie en duo pour devenir une meilleure équipe de pêcheurs. Au lieu de se parler de nos inquiétudes quotidiennes, ce qui nous ramène à notre réalité, ou de ne pas se parler du tout, restons dans notre bulle positive du moment et discutons de pêche entre nous. Souvent, deux personnes vivent un même événement mais le comprennent sous des angles tellement différents que le partage de cette information devient vitale dans nos succès de pêche afin de toujours viser à s’améliorer et à apprécier l’environnement qui nous entoure à sa juste valeur.

Conclusion

Avez-vous déjà vécu un tournoi de pêche en équipe? En avez-vous déjà visionné un à la télévision? Ces pêcheurs ne pêchent pas pour le plaisir pendant ces tournois, ils pêchent pour la gloire et la reconnaissance, mais aussi pour les prix en argent. Ils prennent donc leur loisir très au sérieux et, pour certains, ce n’est plus un loisir, mais bien leur source principale de revenus. Ces professionnels de la pêche sont passés maître dans l’art d’imaginer des tactiques entre eux dans le but d’optimiser leurs journées de pêche. Ils sont, chacun à leur façon, des modèles desquels il faudrait s’inspirer pour s’assurer d’avoir tout essayé lors de nos sorties de pêche et de ne pas maugréer que si nous n’avons pas capturé de poissons, c’est que le lac est complètement vide!

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