Sentier Chasse-Pêche
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Article sur la pêche

Leurres de pêche-Les couleurs-chocs

Leurres de pêche-Les couleurs-chocs


Tous les pêcheurs ont leurs coloris de leurres préférés. Pour certains qui pêchent en eau claire, ce sont des tons de vert ou de bleu complétés par un fini argent. Pour d’autres, qui pratiquent leur activité préférée là où l’eau est plus teintée, ce sont souvent des tons de jaune ou de chartreuse combinés à de l’orangé. Lorsqu’il s’agit de leurres en plastique souple, les tons naturels de vert et de brun occupent l’avant plan.


Et puis vient le temps de changer de poisson nageur ou de remplacer une garniture. Lors d’une recherche rapide dans le coffre ou le sac d’équipement de pêche, notre attention est souvent attirée par un leurre spécial ou un sac d’imitations de petits poissons d’une teinte particulière. Vous savez cet achat qu’on a fait impulsivement il y a quelques semaines lors d’une visite chez le marchand d’articles de pêche. Mais on résiste et notre main va vers un bon vieux leurre de couleur classique avec lequel on a capturé du poisson dans le passé.


Autant pour les poissons que pour les pêcheurs, la couleur d’un leurre est importante. Toutefois, ce n’est pas toujours pour des raisons évidentes. Les poissons difficiles, qui sont habitués à consommer un seul type de nourriture, peuvent ignorer un leurre qui ne ressemble pas à ce qu’ils mangent habituellement. Ceux qui pêchent à la mouche en savent quelque chose et tentent souvent d’imiter les insectes qui sont en train d’émerger. Les pêcheurs qui visent d’autres espèces à l’aide d’un équipement pour le lancer léger ou le lancer lourd le font aussi. Les amateurs d’achigans utilisent des leurres qui ressemblent à des écrevisses. Ceux qui veulent capturer du doré se servent d’appâts artificiels qui imitent les perchaudes.


Cependant, l’utilisation de leurres qui sont une copie exacte de la nourriture que mangent les poissons n’est pas toujours la technique la plus efficace. Si c’était le cas, les tablettes de tous les magasins d’articles de pêche seraient remplies de leurres de couleurs ternes dans les tons de gris, de brun et de vert. Il y en a, mais juste à côté, vous en trouverez d’autres arborant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, en plus de leurres fluorescents dans des coloris qui n’existent pratiquement pas dans la nature. En effet, combien de petits menés phosphorescents avez-vous déjà vus? Et des vers mauves ou chartreuse? Néanmoins ces créations bizarres continuent à être utilisées par des pêcheurs, saison après saison, lorsque d’autres leurres d’apparence naturelle ne donnent pas de résultats.


Des couleurs-chocs, pourquoi?



Lorsque les leurres aux couleurs voyantes et pas très naturelles se mettent à faire réagir les poissons, c’est peut-être parce que ces coloris-chocs sont plus faciles à voir. En eau turbide ou teintée, la distance à laquelle un leurre conventionnel est visible peut être de quelques centimètres seulement. Si vous nouez quelque chose au bout du fil qui se voit deux fois plus loin, il est possible que deux fois plus de poissons voient votre offrande et y réagissent.


Pourtant, même en eau assez claire, certaines espèces de poissons ont un petit faible pour des couleurs qu’on pourrait qualifier de non conventionnelles; c’est le cas de la ouananiche. Dans mon coffre, il y a toujours de petits tubes de couleur rose et blanc lorsque je pars à la recherche de ce salmonidé. Pourquoi sont-ils si efficaces? Seuls les poissons le savent. Les voient-ils mieux que les tubes plus ternes? Peut-être, mais si c’était le cas, des leurres chartreuse ou jaunes seraient aussi efficaces, et ils ne le sont pas.


De la même façon que la combinaison de rose et de blanc plaît bien à la ouananiche, l’orangé et le jaune font réagir le doré et le chartreuse réveille l’achigan à petite bouche. Même s’ils n’ont pas un aspect naturel, ces coloris sont devenus coutumiers pour ces espèces et sont considérés comme d’excellents choix à tous les moments de la journée. Il est possible que ces tons particuliers stimulent chez ces sortes de poissons l’instinct de se nourrir et provoquent une réaction. Donc, en conclusion, la seule bonne raison d’utiliser des coloris hors-norme, c’est qu’ils donnent de bons résultats.


Des couleurs-chocs, quand?

Comme on l’a mentionné, les coloris plus percutants sont généralement utilisés en eau trouble ou teintée dans le but d’offrir aux poissons une cible plus facile à voir. On a dit aussi que pour différentes espèces, certaines couleurs avaient un effet provocateur. Mais il y a d’autres occasions où des leurres aux teintes moins conventionnelles peuvent dépasser en efficacité ceux de tons plus usuels.


C’est le cas en début de saison. En effet, les poissons qui sortent d’un long séjour sous la glace ont la plupart du temps été soumis à une pression de pêche très modérée. Ils sont alors plus vulnérables à une présentation qui attire l’attention plus qu’elle ne persuade de l’authenticité du leurre. C’est aussi le cas lorsque vous avez accès à un plan d’eau qui est très peu fréquenté. Souvent, dans les lacs que l’on rejoint uniquement par avion, les coloris plus percutants ont un effet dévastateur et sont attaqués avec férocité… au moins durant les premières heures.


Les leurres d’une couleur particulière sont aussi un bon choix lorsque les autres leurres aux tons plus naturels ne sont pas efficaces. À ce moment-là, le but ce n’est pas de faire réagir tous les poissons, mais seulement d’aiguillonner ceux qui sont les plus agressifs. C’est quelquefois la seule façon de sauver une journée qui était vouée à l’échec.
Les teintes percutantes peuvent faire réagir les poissons, mais elles peuvent aussi provoquer une meilleure réaction des pêcheurs. Elles sont un excellent choix lorsque vous désirez garder un contact visuel avec le leurre, ce qui est souvent le cas quand vous pêchez à vue. Si le Senko de couleur voyante que vous récupérez lentement à quelques centimètres de la surface disparaît subitement, vous savez qu’il vient d’être engouffré par un poisson et que c’est le temps de réagir. En eau claire, une écrevisse blanche en plastique souple se distingue très bien à travers les herbes dans un mètre ou deux d’eau. Lorsque vous ne la voyez plus, c’est probablement qu’un gros achigan l’a en bouche.

Et c’est la même chose pour les leurres de surface. Les pêcheurs qui utilisent régulièrement ce type d’appât artificiel préfèrent ceux qui arborent des tons unis et clairs, comme le blanc ou le jaune. Après les avoir lancés à grande distance, ces leurres demeurent visibles même récupérés à travers les herbes ou les vagues. Les pêcheurs peuvent les localiser plus facilement, voir si le leurre progresse de la façon voulue et mieux percevoir l’attaque subite d’un prédateur lorsque le leurre disparaît.


Les couleurs-chocs, c’est quoi?



Depuis le début, on parle de couleurs-chocs, et il serait peut-être temps de mieux cerner de quoi il est question. Pour de nombreux pêcheurs, les coloris-chocs sont constitués de teintes voyantes et inattendues. Les tons de chartreuse, de rose et d’orangé en font partie. On peut aussi inclure dans cette catégorie toutes les couleurs qui sont fluorescentes ou phosphorescentes.


Certains pêcheurs sont plus inclusifs et placent dans la catégorie des coloris non conventionnels tous les tons qui ne se retrouvent pas régulièrement dans l’espace aquatique. Pour eux, ce qui est naturel et qui aide les poissons à se confondre dans l’environnement, ce sont les tons de vert, de bleu, de gris et de brun. Le jaune, le blanc et le noir sont à la limite du naturel. Toutes les autres couleurs sont là pour attirer l’attention… même chez les poissons.

Parmi les couleurs les plus percutantes que l’on retrouve dans le monde de la pêche, celle qui porte le nom de merthiolate est sûrement la plus impressionnante visuellement. En effet, cette teinte semi-transparente presque orangée, dégage une aura qui n’a pas son pareil. Je ne sais pas pour le poisson, mais un leurre de ce ton semble irradier dans l’eau et est parmi ceux qu’un pêcheur peut distinguer le plus facilement à grande distance ou si l’eau est teintée. C’est le coloris préféré de plusieurs pêcheurs d’achigan à grande bouche qui utilisent des vers non lestés de cette teinte dans les semaines qui suivent l’ouverture. Ce coloris est particulièrement efficace là où l’eau est légèrement tanique.

Le rose et le rouge sont aussi considérés comme des coloris-chocs dont le but est surtout d’attirer l’attention. Si, comme on l’a dit précédemment, les vers merthiolate sont efficaces là où l’eau est brunâtre, les leurres rose excellent pour la capture d’achigans à grande bouche en eau transparente. De son côté, le rouge est réputé être le ton idéal pour ajouter une couleur d’accent à un leurre. Quel pêcheur ne connaît pas la fameuse cuillère rouge et blanche qui est considérée comme le leurre classique pour le brochet? Appliqué à certains endroits sur différents leurres, comme à l’avant d’un spinnerbait ou d’un poisson nageur, un peu de rouge sert à attirer l’attention du prédateur et aussi à ajouter un certain réalisme en imitant les branchies d’une proie.



Si l’achigan à grande bouche aime bien les leurres de couleurs percutantes en début de saison, l’achigan à petite bouche, lui, les adore tout au long de l’année. En effet, nombreux sont les amateurs qui savent que le leurre qui provoque les attaques les plus agressives de la part de ce poisson est un spinnerbait chartreuse. Ici, je ne veux pas dire un spinnerbait avec seulement une jupe chartreuse, mais un leurre dont la tête et les cuillères sont aussi chartreuse. Si vous aimez les sensations fortes, récupérez un leurre de ce type à vitesse élevée près de la surface et tenez bien votre canne!


Dans la même optique, les leurres en plastique souple de couleur chartreuse imitant un petit poisson sont parmi les plus efficaces pour la capture de cette même espèce. Montés sans lest sur un hameçon 4/0, ils peuvent être récupérés rapidement, par saccades, pour réveiller des poissons qui demeuraient indifférents devant des leurres plus réalistes.

Si le chartreuse est excellent lorsque le temps est ensoleillé, l’orangé exerce plus de pouvoir d’attraction par temps sombre. Cependant, cette teinte n’est pas souvent utilisée comme coloris principal. Un peu comme le rouge, elle sert à colorer l’abdomen d’un leurre pour lui donner un aspect plus réaliste. Pourtant, il y a des exceptions. Dans le coffre de certains pêcheurs de doré, les queues ondulantes complètement orangées de 10 cm occupent une place de choix.


Même le blanc et le noir peuvent être considérés comme des tons hors-norme par certains pêcheurs. La principale raison de les utiliser, c’est évidemment l’aspect visibilité. On a déjà dit qu’un leurre pâle pouvait facilement être vu par le pêcheur en surface ou sous l’eau et pouvait l’aider à ferrer au bon moment. Mais cette couleur de leurre est aussi bien visible pour les poissons en eau trouble, car elle contraste bien avec la couleur de l’élément liquide.



En effet, plusieurs pêcheurs tirent leur épingle du jeu en utilisant des garnitures en plastique souple blanches ou noires lorsque l’eau est boueuse. Et puisqu’il est question de contraste, le noir et le blanc peuvent aussi servir pour ajouter un ton secondaire et augmenter l’impact d’un leurre en accentuant son contraste. C’est le cas de mes fameux petits tubes blanc et rose mentionnés précédemment.


Des couleurs-chocs, comment?



Les couleurs-chocs ne font pas dans la finesse. Ce sont des outils percutants dont il faut se servir avec circonspection. Chaque leurre dans votre coffre à pêche est constitué d’éléments particuliers dont le but est la persuasion et la provocation. Parmi les éléments qui persuadent le poisson que ce leurre est une vraie proie et qu’il est bon à manger, on retrouve, la forme et le format qui doivent être semblables aux proies fréquemment consommées, des teintes naturelles, un mouvement naturel, l’aspect, la texture et le goût.
Les éléments qui provoquent une réaction peuvent être une forme et un format différents de ceux des proies usuelles, des couleurs hors-norme, un mouvement exagéré et un surplus d’odeur. Dans des conditions de pêche normales, on essaie d’avoir l’équilibre, c’est-à-dire d’y aller avec 50 % de persuasion et 50 % de provocation. Mais des conditions de pêche normales, est-ce que ça existe? Et combien de fois par année?...

Des fois, il faut y aller en finesse et sortir la canne à drop shot, le fil de fluorocarbone et le petit leurre brun qui ondule doucement dans l’eau. D’autres fois, les poissons sont très agressifs ou très passifs et il faut provoquer une réaction. Lorsque vous nouez au bout du fil un leurre rose ou chartreuse, les poissons peuvent facilement voir la contrefaçon si ce leurre passe très près d’eux.


L’idéal alors, c’est d’effectuer une présentation à une plus grande distance du fond si l’on pêche à la verticale ou de lancer au-delà de la cible si on pêche à l’horizontale. À un mètre de distance, un leurre aux couleurs-chocs est souvent bien visible et peut exercer son pouvoir d’attraction sans passer pour un intrus. Lorsqu’à 10 mètres de la gazelle, le lion part à courir après elle, il a déjà décidé de la manger. C’est la même chose pour les prédateurs aquatiques. Une fois la décision prise, l’authenticité de votre leurre aux couleurs hors-norme ne sera plus remise en question.


Alors, comme les poissons, il ne faut plus résister lorsqu’on a le goût de nouer au bout du fil un leurre d’une couleur spéciale. Si les humains ont des impulsions, il est possible que les poissons en aient aussi. Même si chez ces derniers, ces impulsions agissent à un niveau de conscience beaucoup plus primitif, elles produisent le même résultat. Elles font passer à l’action! Et ça, c’est bon pour la pêche.



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